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Egypte - Un an après la révolution, l'armée lâche du lest

Il y a un an, le 25 janvier 2011, débutait la révolution égyptienne. Pour ce premier anniversaire, l’armée égyptienne tente d’arrondir les angles avant cette journée symbolique. Et pour cause, une partie de l’Egypte appelle à une deuxième révolution, cette fois-ci, contre le régime militaire en place.

Ainsi, le Conseil suprême des forces armées, au pouvoir depuis la démission d’Hosni Moubarak le 11 février 2011, a gracié près de 2.000 prisonniers, jugés par les tribunaux militaires, rapporte le quotidien égyptien Masry al Yioum le 21 janvier 2012.

Parmi eux, Maïkel Nabil Sanad, un blogueur âgé de 26 ans, emprisonné depuis avril dernier pour avoir diffamé l'armée. Le jeune homme avait été arrêté en mars au Caire et condamné par un tribunal militaire. Initialement à trois ans de prison. Le blogueur venait de publier un article critique à l'égard de l'armée égyptienne, «L’armée et le peuple n’ont jamais été une seule main». Dans ce long post, Maikel dénoncait les actes de tortures pratiquées par l’armée.

Le 23 août dernier, il avait entamé une grève de la fin, une manière de s’opposer aux tribunaux militaires. Maïkel Nabil est rapidement devenu l’un des symboles de la lutte contre le pouvoir militaire accusé de vouloir confisquer la révolution égyptienne. Plusieurs ONG et militants de défense des droits de l’homme étaient montés au créneau pour réclamer sa libération.

Les 2.000 prisonniers devraient par ailleurs être libérés le 26 janvier, une journée après l’anniversaire. Maged Hanna, l’avocate de Nabil Sanad a déclaré que la date avait été vraisemblablement choisie pour éviter la participation des détenus aux manifestations planifiées le 25 Janvier. Comme Maïkel Nabil Sanad, près de 15.000 personnes ont été renvoyées devant des tribunaux militaires depuis que le Conseil suprême des forces armées est au pouvoir. En 10 mois, les tribunaux ont condamnés plus d’Egyptiens qu’en trente ans de règne d’Hosni Moubarak.
Ce geste n’est pourtant pas suffisant pour ceux qui réclament le départ du maréchal Mohammed Hussein Tantaoui depuis plusieurs mois. Pour eux, la révolution continue car le régime est toujours en place.

Lu sur Masry al Yioum

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