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Tunisie: la vraie-fausse interview de Ben Ali

Voilà une interview ou une fausse interview qui aura fait couler beaucoup d’encre. Dans son édition du lundi 16 janvier, le quotidien Attounisia a titré sur un entretien exclusif de l’ex-président, en fuite en Arabie saoudite depuis le 14 janvier 2011. L’interview de l’ex-raïs Ben Ali avait alors fait la une du quotidien tunisien en langue arabe.

Sauf que depuis, l’interview ne passe pas et semble ressembler à une farce. D’autant plus que l’un des avocats de Ben Ali dément, écrit le magazine tunisien Kapitalis.

«J’ai été contacté par un journaliste qui m’a posé une série de questions. J’ai répondu à celles auxquelles j’ai des réponses et je me suis gardé de répondre à celles auxquelles je n’ai pas de réponses. Mais, le président Ben Ali n’a fait aucun entretien avec aucun journal, ni directement ni indirectement par mon intermédiaire, car il refuse de donner la moindre déclaration aux médias», a déclaré l’avocat

«L’interview de Ben Ali publiée par Attounissia serait-elle donc purement imaginaire? Du bidonnage de mauvais journalistes pour frapper un grand coup et faire du buzz comme on dit?», s’interroge le magazine tunisien Kapitalis.


Pour résoudre l’énigme, les journalistes de Kapitalis ont donc décidé d’enquêter. Ils déclarent avoir obtenu les échanges de mails entre le journaliste d’Attounissia et l’avocat de Ben Ali, Akram Azoury qui confirme l’authenticité de l’entretien réalisé avec l’ex-président.

Toutefois, les pièces du dossier montrent également soit une manipulation soit un malentendu entre les deux parties, remarque Kapitalis.

Le magazine observe effectivement l’existence d’une demande d’interview et la réponse positive de l’avocat qui a pris son temps pour renvoyer les réponses aux questions proposées à l’ex-raïs.
Dans un email daté du 5 décembre, Me Azoury écrit à Mohamed Boughalleb:

«La réponse à votre questionnaire est en préparation  et vous comprenez évidemment que ça prenne un peu de temps.»

Dans un second email en date du 29 décembre, il note clairement:

«Comme convenu, je vous prie de bien vouloir trouver les réponses du président à votre questionnaire.»

 Sauf que dans le texte, c’est bien l’avocat libanais qui parle: «Le président a dit…»
Nulle ne sait qui a trompé l’autre. C’est en tout cas une bonne opération de com!

Lu sur Kapitalis

 

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