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L'Afrique cherche un remède aux avortements illégaux

97%. C'est le nombre d'avortements illégaux jugés à risque qui ont lieu chaque année sur le continent africain, selon une étude réalisée par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Ces avortements illégaux et non médicalisés seraient à l'origine de la mort de 220 femmes sur les 100.000 actes réalisés en 2008. C'est dont l'une des cinq principales causes de la mortalité maternelle.

«Cette mortalité se situe presque entièrement dans les pays en développement», indique dans un communiqué le Guttmacher Institute, institut basé aux Etats-Unis, spécialisé dans la reproduction et la sexualité.

Selon l'étude, environ huit millions et demie de femmes vivant dans les régions en voie de développement (principalement en Afrique et en Amérique latine) souffrent de complications liées à un avortement et parmi celles-ci, trois millions d'entre elles ne reçoivent pas les soins nécessaires.

L'étude, publiée dans la revue scientifique The Lancet, démontre que depuis 1995, quand bien même le taux d'avortement a eu tendance à baisser à l'échelle mondiale, le taux d'avortement illégal est en revanche en progression dans le monde et en particulier sur le continent africain.

Ainsi l'étude démontre que la proportion d'avortements «non médicalisés» pratiqués dans le monde est passée de 44% en 1995, à 47% en 2003 puis 49% en 2008.

En cause, les lois de nombreux pays africains qui interdisent la pratique de l'avortement. De ce fait, pour mettre un terme à une grossesse non souhaitée, l'étude démontre que les femmes sont prêtes à prendre de nombreux risques.

Le Professeur Beverly Winikoff, de l'organisation new-yorkaise Gynuity qui lutte pour l'accès à l'avortement légal, a déclaré à la revue The Lancet:

«Les données continuent de confirmer ce que nous savons depuis des décennies: que les femmes qui souhaitent mettre fin à des grossesses non désirées chercheront l'avortement à tout prix, même si elle est illégale et qu'elle implique un risque pour leur propre vie.»

Kate Hawkins, de l'Institut d'études du développement a indiqué à la BBC:

«Peu importe que ce soit légal ou non, les femmes chercheront et obtiendront toujours des moyens de se faire avorter. Que les femmes continuent de mourir en nombre significatif à cause d'avortement à risque est un scandale, et un problème que le secteur du développement devrait prendre très au sérieux.»

Le seul point positif qui ressort de cette étude: l'Afrique australe fait figure d'exception avec le taux d'avortement le plus faible du continent: 15 pour 1.000 des femmes sont concernées. Ce qui s'explique, peut-être par la législation libérale de l'Afrique du Sud, par exemple.

 

Lu sur The Lancet, BBC

 

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