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Egypte: une activiste tabassée sous le nez de l'armée

L’idée d’une seconde révolution contre le régime militaire n’emballe pas tout le monde! Nawara Negm, une journaliste et blogueuse égyptienne, a été agressée dans la nuit du mercredi 18 janvier, rapporte le quotidien égyptien al-AhramOnline. Elle est interpellée par un groupe d’hommes qui en viennent rapidement aux mains. La scène est filmée. Dans la vidéo ci-dessous, on peut voir à la douzième minute, un homme lui donner un coup sur la tête. Ensuite les images ne sont pas très claires, mais les échanges de paroles et de coups continuent. On entend également d’autres femmes s’interposer à l’agression de la jeune Nawara Negm.

 

«J'ai terminé le travail à Maspero, puis, j’ai traversé la rue pour prendre un taxi. Un jeune homme m’a appelé par mon nom et m’a ensuite attaqué» avec l’aide d’un groupe d’hommes, a déclaré par téléphone Nawara à la chaîne Al-Nahar TV.

«Il y avait une manifestation pro-armée devant Maspero. Ce sont les mêmes hommes qui m'ont attaqué», a ajouté Nawara, la fille du célèbre poète socialiste Ahmed Negm Fouad.

Sur YouTube, de nombreuses vidéos circulent sur l’agression de la jeune femme. Très vite, la rue s’emballe autour d’elle. Il est difficile de savoir qui sont ces hommes qui l’agressent en pleine rue.
«Pourquoi vous la battez», demande une personne. «Elle fait partie de ceux qui instillent la division entre le peuple et l'armée», répond une autre voix audible sur la vidéo...
Une autre activiste présente sur les lieux a écrit sur Facebook qu’elle avait vu des soldats se changer en civils avant l’agression de Nawara Negm.

La jeune femme a elle-même déclaré qu’elle avait été battue sous le nez des forces de l’armée, qui n’ont pas bougé d’un pouce. Les coups, certes inoffensifs, révèlent les divisions de la société égyptienne sur la question de l’armée. Des activistes comme Nawara Negm dénoncent les pratiques de l’armée et appellent à une mobilisation forte le 25 janvier 2011. Or la majorité des Egyptiens est encore attachée à la figure tutélaire de l’armée égyptienne. La jeune femme attribue par ailleurs son agression à des individus, qui ont été payés pour l’agresser, autrement dit des baltagueya.

Lu sur Al AhramOnline

 

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