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Cameroun - Quand les petits vendeurs d'eau se font du beurre

A Yaoundé, capitale du Cameroun, un commerce lucratif est en pleine expansion... Celui des petits vendeurs d'eau. De petits malins qui ont décidé de faire du commerce de l'eau leur gagne-pain, et qui ne semblent pas concernés par le fléau de la pénurie d'eau potable qui sévit à Yaoundé et ses alentours.

Le quotidien camerounais La Nouvelle Expression explique que «des vendeurs ambulants d’eau en bouteilles ou en sachets, des vendeurs de jus naturel et, surtout, les propriétaires de forages et de puits» se frottent les mains. C'est le cas de Patrick, qui affirme faire de gros bénéfices à chaque pénurie d'eau dans la ville:

 «Chaque jour, je pointe et fais quelques bénéfices. Mais, c’est surtout quand on coupe l’eau que je fais encore plus de bénéfices. Les gens achètent beaucoup. Parfois, je vends le double de ce que j’ai l’habitude de vendre», rapporte La Nouvelle Expression.

Des ventes d'eau à 50 francs CFA le sachet (environ 0,07 centimes d'euro), et 100 francs CFA la bouteille de 1,5 litre (environ 0,15 centimes d'euro), dont l'origine est parfois douteuse. 

«Si certains consommateurs prennent la peine de se renseigner sur la provenance et la qualité de l’eau qu’ils s’apprêtent à consommer, d’autres, confiants, ne s’interrogent guère», explique La Nouvelle Expression.

Face à la pénurie d'eau à laquelle la capitale fait face, le manque d'action du gouvernement est de plus en plus décrié, malgré les nombreuses promesses. La Ligue nationale des consommateurs du Cameroun (LCC) a appelé à boycotter le paiement des factures d'eau «si cet ultimatum n'est pas respecté», fait savoir le quotidien camerounais Le Jour.

Car les Yaoundéens, ajoute Le Jour, en ont assez des belles paroles. En décembre 2012, des assurances pour résoudre ce fléau leur avaient encore été données. Lors d'un Forum sur l'eau, l'énergie et l'environnement, des experts expliquaient que pour satisfaire les populations de la ville, il fallait en moyenne 300.000 mètres cubes d’eau par jour. Or, aujourd'hui, la station de Nkomnyada (dans la périphérie de Yaoundé, censée produire l'eau pour la capitale et ses environs) n’en produit que 100.000, soit un déficit journalier de 200.000 mètres cubes d’eau explique le quotidien camerounais Le Messager.

Daniel Ndong, cadre au ministère camerounais de l'Eau et de l'Energie et responsable d'un projet consistant à développer le réseau d'eau potable à Yaoundé, affirmait que des travaux programmés pour être livrés en deux ans devaient commencer en janvier 2012.

Mais voilà... «Curieusement presqu’à la fin du mois de janvier 2012, rien ne semble avoir débuté du côté de la Sanaga [l'un des principaux fleuves du Cameroun, ndlr], encore moins à Batchenga. [les lieux où doivent commencer les travaux] Même dans une interview accordée à la télévision nationale au sujet des pénuries d’eau à Yaoundé, Daniel Ndong est resté évasif, n’avançant aucune date comme par le passé», fait encore savoir Le Messager.

Lu sur La Nouvelle Expression, Le Jour, Le Messager

 

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