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Hobb Story: peut-on parler de sexe en Tunisie?

Si le sexe reste un sujet tabou dans les pays arabes, certains artistes n'hésitent pas en parler. En 2009, Lotfi Achour mettait en scène la pièce de théâtre Hobb Story, Sex in the arab city. Présentée en France et en Tunisie, la pièce connaît un vif succès. Un an après la chute du dictateur Ben Ali, le spectacle a été rejoué à Paris, Télérama s’est intéressé à cette œuvre originale.

Hobb Story aborde avec humour et légèreté la perception qu'a la société arabe du sexe. La pièce est interprétée par deux femmes et trois hommes dont un vrai chanteur. A travers une série de sketchs, de danses et chansons, ils dépeignent avec piquant les travers de la société arabe.

 

«Sous la dictature de Ben Ali, les pratiques sexuelles ont constitué une sorte de palliatif à l'absence de libertés politiques, mais les gens s'y sont livrés avec une sorte d'addiction. Tout comme ils ont été encouragés à consommer et à s'endetter, ils ont fait du sexe une marchandise. Leïla Ben Ali, ex-coiffeuse et figure de femme entretenue, a même servi de modèle pour certaines jeunes femmes qui n'hésitent pas à se trouver des protecteurs...», explique le metteur en scène.

En 2010, France 24 avait également interrogé Achour:

«Le spectacle est une sorte de zapping entre différentes télévisions arabes et françaises, d’où le clin d’œil à la série américaine Sex in the City», expliquait le metteur en scène à France 24 en 2010.

Au cours de la pièce, le téléspectateur a aussi l’occasion de visionner des interviews filmées. L’une des femmes interrogées affirme qu’il lui faut «recevoir des cadeaux pour être amoureuse». Plus loin cette dernière précise:

«J'ai une vie sexuelle au top tout en étant toujours vierge!»

Les références télévisuelles ne sont pas seulement dans le titre. Les comédiens s’amusent à parodier des shows de télés commerciales ou propagandistes. Dans cette pièce qui, selon Achour est devenu «un vrai phénomène de société en Tunisie», l’auteur s’intéresse également à la littérature arabe classique.

C'est aussi le sentiment d'Anissa Daoud, l’une des comédiennes du spectacle:

«Elle a répondu à un besoin, une sorte de bouffée d’oxygène parce que les gens ont rencontré leurs propres problématiques traités avec humour et légèreté».

«La pièce donne une clé pour parler de plein d’autres sujets, en dehors des codes sociaux et religieux», ajoute-t-elle.

Lu sur Télérama, France 24

 

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