Liberia: le principal parti d'opposition reconnaît le pouvoir de Mme Sirleaf
Le principal parti de l'opposition au Liberia qui contestait la réélection d'Ellen Johnson Sirleaf, reconnaît son pouvoir a affirmé son leader, Winston Tubman, en invoquant la paix à la veille de l'investiture de la présidente, lundi devant de nombreux dirigeants.
"Nous reconnaissons que Mme Sirleaf est la présidente du Liberia", a déclaré M. Tubman, chef du Congrès pour le changement démocratique (CDC), dans un entretien avec l'AFP dimanche à Monrovia, à la suite de discussions bouclées samedi soir avec la chef de l'Etat.
"Vu le niveau des discussions", le CDC "décidé d'abandonner" un projet de protestation initialement programmé lundi, en marge de la prestation de serment de Mme Sirleaf. "Et nous allons assister à l'investiture. Nous pensons que le pays doit aller vers la paix et que la réconciliation doit prévaloir", a-t-il ajouté.
Depuis le second tour de l'élection présidentielle, organisé le 8 novembre et qu'il a boycotté, le CDC a fait des annonces contradictoires sur sa position par rapport au pouvoir de Mme Sirleaf.
Winston Tubman, qui était candidat du CDC au second tour, s'est retiré de la course à une semaine du vote, laissant seule en lice Mme Sirleaf. La présidente, élue 2005, a été déclarée réélue avec 90,7% des voix. Le scrutin a été jugé transparent en dépit de violences préélectorales meurtrières.
M. Tubman avait ensuite affirmé le 11 novembre être prêt à travailler avec Mme Sirleaf pour la réconciliation. Le lendemain, il avait changé d'avis, en rejetant les résultats et réclamant l'annulation de l'élection, selon lui entachée d'irrégularités.
En décembre, son parti avait quitté les discussions engagées par le gouvernement avec plusieurs formations afin de résoudre la crise politique née de la contestation des résultats. Le CDC avait accusé les autorités de pressions.
"Depuis l'élection, nous avons négocié avec le gouvernement de la manière de résoudre le désaccord (...) Et après des discussions fructueuses, nous sommes confiants que le CDC sera intégré dans le gouvernement" qui sera formé prochainement, a affirmé dimanche Winston Tubman.
"Nous sommes confiants que" les autorités feront "tout leur possible pour travailler avec l'opposition et faire avancer ce pays", a-t-il poursuivi.
Dans une brève déclaration à la télévision publique à l'issue de la rencontre avec le CDC, Mme Sirleaf a exhorté les dirigeants de l'opposition à un engagement constructif et prôné la paix.
Première Africaine démocratiquement élue chef d'Etat, Mme Sirleaf, 73 ans, tente de panser les plaies de son pays qui affiche encore les stigmates de 14 ans de guerres civiles (1989-2003) ayant fait 250.000 morts. Elle s'était vue attribuer conjointement le prix Nobel de la paix quelques jours avant le premier tour du scrutin, en octobre ce qu'avait dénoncé M. Tubman.
Ellen Johnson Sirleaf doit prêter serment lundi, à partir de 11H00 GMT, en présence de nombreux chefs d'Etat et de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, pour un nouveau mandat de cinq ans.
Le 5 janvier, le chef de la diplomatie libérienne, Toga McIntosh, avait affirmé avoir "reçu la confirmation de trente chefs d'Etat" pour leur participation à la cérémonie d'investiture. Jusqu'à dimanche, aucune source officielle n'a souhaité communiqué leur identité pour raisons de sécurité.
En prélude à la cérémonie, une messe a été organisée dimanche à Monrovia, nettoyée et parsemée de drapeaux et mots de bienvenue.
Le niveau de sécurité dans la capitale était élevé, avec de nombreux points de contrôle de la police et des forces de la mission de l'ONU au Liberia (Minul). Des moyens de surveillance aérienne, dont des hélicoptères, ont aussi été déployés, a constaté le journaliste de l'AFP.






