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Egypte - La «police des moeurs» veille à coup de tazer

En Egypte, l'auto-proclamée «police des mœurs» islamiste a annoncé sur sa page officielle Facebook qu'elle était prête à distribuer 1.000 tazers aux bénévoles qui feront la promotion de la «vertu» et combattront le «vice» dans les rues, rapporte le quotidien al AhramOnline. Ces armes permettent d'envoyer une décharge électrique à leur cible.

Cette «police des mœurs» égyptienne prend modèle sur celle qui existe déjà dans des pays comme l’Arabie Saoudite. Elle a pour objectif de surveiller la conduite des citoyens et de réglementer tous leurs comportements à travers une lecture rigoriste de l’islam. Dans son communiqué publié sur la page Facebook, le groupe précise que les bâtons électriques sont prévus pour l'auto-défense des volontaires contre d'éventuelles attaques. Il ajoute par ailleurs, que l’utilisation des tazers relève du cas d’extrême urgence. 

Détail intéressant, la page Facebook précise que la première session de formation des bénévoles aura lieu à Alexandrie, fief et ville natale des salafistes égyptiens, qui ont raflé 25% des sièges aux élections législatives. Les entraînements auront lieu tous les jeudis soirs dans le quartier el Mandara. Depuis les années 1970, les salafistes sont implantés et organisés dans l’ancienne ville cosmopolite d’Alexandrie.

Cette police des mœurs ne surprend pas car elle est dans la droite ligne du discours salafiste en Egypte. On ne compte plus les déclarations sur l’alcool, le bikini, la mixité… Dernièrement un groupe de salafistes avaient fait irruption dans plusieurs commerces pour vérifier s'ils étaient aux normes de la loi islamique. Ils étaient notamment entrés dans un salon de beauté, mais ils avaient été rapidement boutés hors du salon par les femmes, à coups de canne.  

La mixité ou la vente d’alcool figurent parmi les points sur lesquels les salafistes ne transigent pas. Aujourd’hui, leurs positions et déclarations sulfureuses sur la scène politique sont plus audibles qu’avant le 25 janvier 2011, date des premières manifestations contre le régime Moubarak. Toutefois, pour ne pas entacher leur crédibilité, les principaux partis salafistes ont voulu prendre leur distance avec «la police des mœurs».

Lu sur al AhramOnline

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