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SOUDAN - Des satellites antigénocides, what else?

George Clooney refuse de laisser la population soudanaise à la merci de ses dirigeants. Alors que le sud du pays s'apprête à voter pour ou contre son indépendance le 9 janvier, l'acteur s'est joint aux Nations Unies, à Harvard, Google et aux ONG humanitaires pour lancer le Satellite Sentinel Project. Grâce à cette initiative, des satellites surveillent depuis le 30 décembre la frontière entre le nord et le sud du Soudan pour prévenir la montée des violences à l'issue du vote.

La crainte d'un conflit similaire à celui du Darfour, pour lequel l'acteur s'était déjà mobilisé en 2006, est à l'origine de ce projet. En 2003, cette région de l'ouest du Soudan a été le théâtre d'une guerre civile entre opposants et partisans du président Omar el-Béchir. Un conflit qui aurait fait plus de 300.000 victimes selon les Nations Unies  . George Clooney et John Prendergast, co-fondateur du Satellite Sentinel Project, assument ces méthodes qui rappellent à certains Big Brother:

«Par notre présence, nous voulons nous assurer que le gouvernement de Khartoum [la capitale, ndlr] n'utilise pas de méthodes violentes pour empêcher ce moment historique au Soudan. Quand vous savez que l'on vous regarde, vous agissez différemment.»

Les images haute-définition des satellites utilisent la technologie Google Earth et devraient fournir des preuves en cas de dérives. Le public est pris à témoin grâce à la mise en ligne de ces photographies sur le site. Ce projet engage la responsabilité de chacun: «Le monde ne pourra pas dire qu'il ne savait pas», explique George Clooney. Not On Our Watch, l’association qu’il a créée avec entre autres Matt Damon et Don Cheadle, finance les satellites dont le coût est de 750.000 dollars (environ 560.000 euros). La preuve par l'image, what else?