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Côte d'Ivoire - La presse plagie, la blogosphère réagit

En Côte-d’Ivoire, l’année 2012 débute par une vive polémique entre la presse et la blogosphère locale sur la Toile. L'objet de discorde: des photos.

Au lendemain du réveillon de la Saint-Sylvestre, des journaux comme Le Jour, L'intelligent d'Abidjan, Le Nouveau Réveil et même le célèbre site Abidjan.net, illustrent leur « Une » par des images montrant le feu d’artifice géant qui a illuminé la capitale, Abidjan, la veille. Ce qu’il y a de plus normal. Seulement voilà, les photos ont été «piquées», sans autorisation, du profil Facebook de la jeune photographe ivoirienne Audrey Carlalie Okou. Certains journaux ont même rogné les images pour effacer l’inscription «Watermark» qui orne les clichés en bas à gauche.  

Ce qui a suscité un tollé sur la toile ivoirienne qui crée le buzz. Le hashtag  #CarlalieGate apparait sur Twitter, suivi de la création de la page Facebook Rendez ses droits d'auteur à Carlalie. Et la blogosphère locale s’empare de l’affaire et s’enflamme. Les blogueurs ivoiriens dans leur majorité font bloc derrière la jeune photographe collaboratrice du webzine Ayana.

Dans un billet corrosif, la blogueuse Edith Brou titre: «Des journaux ivoiriens «piquent» le travail de la photographe Carlalie». Elle se désole du comportement des journaux: «C’est bien dommage, ce à quoi nous assistons encore en 2012». Elle suggère à Carlalie de porter l’affaire devant la justice:

«… il y a des avocats. Au moins pour que cela soit un première et que ça serve de leçon pour la suite et pour tous les autres. Le droit d'auteur, ça existe».

Même son de cloche de la part de Yehni Djidji qui se demande si «Internet est-il vraiment un "no man's land" ici en Côte d'Ivoire?». Elle termine son billet par une résolution pour appeler entre autres à être «plus unis, quand ce genre de cas arrive». Pour Yoyo LaJolie, cette affaire qu'elle qualifie The Carlalie-Gate, crée un précédent «Un faux pas qui attire notre attention, ouvre les discussions, engage des actions pour mieux organiser la défense des œuvres intellectuelles et artistiques publiées... ».

Stéphane K, quant à lui demande à Carlalie de garder raison et la dissuade de porter plainte. «Pas besoin d’une bataille juridique pour être un meilleur exemple. L’excès de force n’en fera pas un feu d’artifice mais un pétard mouillé», soutient-il. Il ne se prive pas pour autant de railler les «pratiques de la presse ivoirienne qui lui font perdre des acheteurs lecteurs».

La principale intéressée, Carlalie, semble être résignée. On peut lire sur sa page Facebook:

«Je n’espère pas grand-chose à part revendiquer ce qui me revient de droit parce que se taire et ne rien dire reviendrait à tuer la photographie en Côte-d’Ivoire».

Certains journaux ayant publié les photos ont tenté de faire amende honorable. Abidjan.net a retiré les photos de son site et L’intelligent d’Abidjan a publié un post sur Facebook expliquant être «désolé de n'avoir pas cité l'auteur de la photo». Ce qui n’empêche pas la polémique d’enfler sur la toile. 

Lu sur dansmacabezagodivoireyehnidjidji

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