Bassin du Congo: un film témoigne des dégâts de l'exploitation forestière


Exploitation du bois dans une forêt camerounaise, en octobre 2007 AFP/Archives Delphine Ramond

L'exploitation forestière des Français dans le bassin du Congo, deuxième massif de forêts tropicales humides au monde, provoque d'importants dégâts dont témoigne un film documentaire réalisé par l'ONG les Amis de la Terre et rendu public jeudi sur leur site.

Les Amis de la Terre ont conduit une mission dans plusieurs sites d'exploitation du Cameroun et du Congo -Eboumetoum, Mindourou, Dimako, Yokadouma- pour raconter "la face cachée de l'exploitation forestière" notamment par les sociétés françaises Pallisco et Rougier.

Dans "Déforestation durable", Sylvain Angerand, des Amis de la Terre France, mène l'enquête, avec l'aide de Samuel N'guiffo, son homologue au Cameroun.

"C'est une spécificité de la coopération française de se concentrer sur le bassin du Congo et sur l'appui à ces industriels, pour qu'ils créent de l'emploi et du développement", indique Sylvain Angerand à l'AFP.

Quand les exploitants arrivent, ils créent des routes, installent des pompes à eau, ouvrent des dispensaires, des écoles, voire construisent des maisons, grâce à des dons et prêts fournis par la coopération française. Des compensations sont versées pour l'exploitation de la forêt. Mais, du fait de la corruption, les habitants n'en voient pas la couleur.

Le problème, c'est qu'une fois les meilleures espèces exploitées, les forestiers vont ailleurs. La route n'est plus entretenue, l'électricité n'arrive plus, le puits ne fonctionne pas... "Ce sont des villages fantômes", dit Sylvain Angerand.

Les forêts sont pillées des principales essences commerciales qui "sont aussi à forte valeur culturelle, alimentaire et médicinale", souligne Samuel N'guiffo. Les vieux arbres, les plus gros, sont difficiles à remplacer. Et une fois l'exploitant parti, "la population revient à un niveau de vie inférieur à ce qu'il était avant l'exploitation", dit-il.

"C'est une situation humaine difficile à gérer", reconnaît Michel Rougeron, directeur de Pallisco.

"La grande question, c'est à qui appartiennent les forêts", dit Samuel N'guiffo. Les communautés estiment qu'elles sont à elles, mais l'Etat les perçoit "essentiellement comme une ressource économique qui doit générer des revenus".

Une solution, pour Sylvain Angerand, serait de "lutter contre la corruption" et surtout de "renforcer les droits des communautés". Il conviendrait alors de "développer la foresterie communautaire et de faire accompagner la gestion par les communautés qui en dépendent directement".

 

 

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Slate Afrique avec l'AFP

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mise à jour 12/01/2012

 
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