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Soudan du Sud: signature d'un cessez-le-feu qui entrera en vigueur dimanche

Le gouvernement et les principaux groupes rebelles au Soudan du Sud ont signé jeudi un cessez-le-feu, qui prendra effet le 24 décembre, pour tenter de mettre un terme à la guerre civile qui ravage le pays depuis quatre ans.

"A compter du 24 décembre 2017, à 00h01 (locales, 21h01 GMT le 23 décembre), une cessation des hostilités prendra effet et les parties cesseront toute action militaire et opération hostile", prévoit le texte signé lors d'une cérémonie officielle au siège de l'Union africaine (UA), à Addis Abeba.

L'accord obtenu à l'issue de quatre jours de négociations placées sous l'égide de l'organisation régionale Igad, prévoit entre autres que les belligérants "gèlent immédiatement leurs positions", garantissent la protection des civils et l'accès de l'aide humanitaire.

"C'est un premier pas encourageant. Vous redonnez une lueur d'espoir à votre peuple mais il ne s'agit que d'un petit pas. Il faut maintenant des actions pratiques", a déclaré le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, en préambule à la signature de cet accord.

"Nous envoyons un message d'espoir aux Sud-Soudanais en forme de cadeau de Noël", a aussi estimé le ministre éthiopien des Affaires étrangères et président du Conseil des ministres de l'Igad, Workneh Gebeyehu.

Le texte a été signé par le gouvernement du président Salva Kiir (SPLM/A) et par le principal mouvement d'opposition, le SPLM/A-IO de l'ancien vice-président Riek Machar.

Sont également signataires la faction du SPLM/A-IO fidèle à l'actuel vice-président Taban Deng, un ancien proche de M. Machar qui a pris le parti d'entrer au gouvernement, et six autres groupes rebelles armés, dont celui de l'ancien influent général Thomas Cirillo Swaka, qui avait démissionné de l'armée gouvernementale en février.

Ce cessez-le-feu, réclamé depuis de longs mois par la communauté internationale, est le premier conclu depuis les violents combats qui avaient agité la capitale Juba en juillet 2016.

Ces affrontements entre les troupes de M. Kiir et Machar avaient signifié l'échec d'un accord de paix signé en août 2015, qui avait permis à M. Machar d'être réinstallé au poste de vice-président et de revenir à Juba.

Après ces violences, M. Machar avait dû fuir le pays. Il est depuis exilé en Afrique du Sud, mais continue à jouir d'une grande autorité sur son mouvement.

Le cessez-le-feu signé jeudi est censé être la première étape sur la voie de nouvelles élections. L'accord d'août 2015 prévoyaient qu'elles aient lieu en août 2018. Mais cet objectif est considéré comme irréaliste par de nombreux observateurs.

Depuis le début en décembre 2013 - deux ans et demi après l'indépendance - de cette guerre civile, qui a fait des dizaines de milliers de morts, près de 4 millions de déplacés et provoqué une crise humanitaire catastrophique, de nombreux cessez-le-feu ont déjà été signés.

Et aucun n'a jamais tenu. Même en pleine négociation de l'accord de paix d'août 2015, le gouvernement avait mené une importante offensive militaire, qui avait laissé planer le doute sur les intentions réelles du président Kiir.

De la même manière, lundi, au moment même où les négociations ont débuté à Addis Abeba, les forces gouvernementales se sont emparées du fief rebelle de Lasu, dans la région de l'Equateur (sud), forçant des civils à fuir vers la République démocratique du Congo (RDC).

Un cessez-le-feu unilatéral décrété en mai 2017 par le président Kiir était aussi théoriquement déjà en application. Mais l'armée gouvernementale ne l'a jamais respecté, même si elle affirme le contraire.

Le conflit, marqué par de nombreuses atrocités, avait été amorcé en décembre 2013 par des combats entre des unités rivales de l'armée, minée par des antagonismes politico-ethniques alimentés par la rivalité à la tête du régime entre MM. Kiir et Machar.

Depuis un an, les combats se sont en particulier étendus à la région de l'Équateur, qui avait jusque-là été relativement épargnée, et où de nombreuses atrocités à caractère ethnique ont été recensées, l'ONU allant jusqu'à parler de "nettoyage ethnique".

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