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L'observateur algérien qui refuse de servir le régime syrien

Le bilan des victimes ne cesse d’être revu à la hausse en Syrie. On parle de 5.000 morts depuis la mi-mars, début de l’insurrection populaire contre le régime de Bachar el Assad. Aujourd’hui les yeux sont rivés vers ces observateurs mandatés par la Ligue arabe pour désamorcer la crise en Syrie et surtout faire taire les armes du régime. Or depuis leur arrivée le 26 décembre dernier, les observateurs semblent incapables de calmer la répression. L’effusion de sang ne faiblit pas, au contraire. Interpellé par les habitants de Homs, les observateurs ne peuvent répondre à leur appel à l’aide.

L’un des observateurs, un Algérien, vient de jeter le tablier après avoir vu des horreurs, rapporte le site Dernière Nouvelles d’Algérie.

Anouar Malek, un journaliste et écrivain algérien, a décidé de démissionner de la mission pour, dit-il, ne pas servir le régime de Bachar Al Assad.

«Je me retire, parce que je me retrouve en train de servir le régime. (…) Dans quelle mesure je servais le régime? Je donnais au régime une plus grande chance de continuer le massacre et je ne pouvais rien faire pour l'en empêcher», a déclaré Anouar Malek.

 «Ce qui compte le plus, c'est d'avoir un sentiment d'humanité. J'ai passé plus de 15 jours à Homs. (...) J'ai vu des scènes d'horreur, des corps brûlés. (...) Je ne peux pas laisser mon humanité de côté dans ce genre de situation», a ajouté cet ancien observateur de la Ligue arabe pour expliquer les raisons de sa démission.

Comme beaucoup d’autres, il n’est pas dupe. Le régime syrien n’a fait aucune concession. La répression continue: tortures, emprisonnements…

 «Ils (les autorités, ndlr) n'ont pas retiré les chars des villes en proie à la contestation, ils n'ont fait que les cacher et les redéployer après notre départ», a fait savoir l'observateur.

«Le régime a mis en scène et fabriqué la plupart des choses que nous avons vues pour empêcher la Ligue arabe d'agir contre Damas (…) J'ai vu un véritable désastre humanitaire. Le régime ne commet pas un seul crime de guerre, mais une série de crimes contre son peuple», a ajouté l’observateur.

Après 10 mois répression des manifestations, le régime El Assad semble encore avoir les mains libres.

Lu sur Dernières Nouvelles d'Algérie

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