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Cameroun: quatre gendarmes tués en zone anglophone

Quatre gendarmes ont été tués lundi dans l'ouest anglophone du Cameroun lors d'une attaque de séparatistes présumés, a annoncé lundi le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Issa Tchiroma.

"Une attaque vient malheureusement de coûter la vie à quatre de nos gendarmes, froidement assassinés ce lundi dans la localité de Kembong", a déclaré M. Tchiroma au cours d'une conférence de presse.

Cette attaque "lâche, sporadique, menée à visage couvert et usant de perfidie" a eu lieu dans "l'arrondissement d'Eyymodjock, dans le département de la Manyu", épicentre des violences ces derniers jours, a-t-il précisé.

"Le président Paul Biya salue la mémoire de ces braves soldats tombés sur le champ d'honneur", a poursuivi le porte-parole, sans préciser les circonstances de l'incident.

La sécurité dans les régions anglophones du Cameroun, en proie à une grave crise socio-politique depuis un an, s'est considérablement dégradée en quelques semaines. 

Ce nouvel incident porte à quinze en moins de deux mois le nombre de membres des forces de sécurité camerounaises qui y ont été tués.

"Les forces de défense et de sécurité mènent à l'heure actuelle des opérations de maintien de l'ordre et des opérations de défense dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest", a rappelé le porte-parole du gouvernement.

Les résultats de ces opérations "sont probants", a-t-il affirmé: "des refuges de ces hordes d'assassins ont été littéralement rasés et des villages précédemment pris en otage libérés du joug des terroristes", qui sont "nombreux" à avoir été "neutralisés".

Vendredi, le gouvernement, photos à l'appui, avait affirmé avoir repoussé une attaque des sécessionnistes contre une brigade de gendarmerie dans une autre localité du département de la Manyu.

Des médias locaux ont par ailleurs fait état d'une nouvelle journée "ville morte" largement suivie lundi dans les principales villes anglophones du pays.

Frontalier du Nigeria, l'ouest anglophone du Cameroun est depuis fin 2016 le théâtre d'une grave crise socio-économique aux accents séparatistes, alors que la minorité anglophone du pays - environ 20% des 23 millions d'habitants - proteste contre sa marginalisation.

A mesure que les autorités camerounaises ont accru la pression sécuritaire et la répression des manifestations séparatistes, les rangs des sécessionnistes se sont étoffés ces derniers mois, en même temps que se sont multipliés les incidents violents, faisant craindre, selon observateurs et analystes, l'émergence d'une "insurrection armée" dans la région.

tués

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