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En Tunisie, une radio sur le web pour la communauté LGBT

Une webradio destinée à la communauté LGBT, la première du genre dans le monde arabe, a vu le jour en Tunisie pour défendre les droits des minorités sexuelles dans un pays où l'homosexualité reste illégale et réprouvée.

Lancée par l'association Shams ("Soleil" en arabe), l'un des porte-drapeau de la communauté LGBT en Tunisie, "Shams Rad" vise à "sensibiliser la population tunisienne, citoyens ordinaires et décideurs politiques, sur l'homophobie de la société et à défendre les libertés individuelles", a indiqué à l'AFP le directeur général de la radio, Bouhdid Belhadi.

Les militants LGBT (lesbiens, gays, bisexuels, transgenres) sont sortis de l'ombre en Tunisie depuis la révolution de 2011 mais leur condition reste très précaire, du fait d'un rejet social violent et d'une législation hostile.

L'article 230 du Code pénal condamne l'homosexualité d'une peine allant jusqu'à trois ans de prison. Des jeunes hommes sont régulièrement arrêtés et plusieurs ont été condamnés à de la prison.

Avec pour slogan "Dignité, égalité", Shams Rad a été lancée officiellement vendredi mais n'a pu présenter ses programmes en studio que lundi en raison de problèmes techniques.

Une fois ces soucis résolus, la radio doit diffuser, de 08H00 du matin à minuit, des émissions en dialecte tunisien portant sur des thèmes politiques, économiques et sociaux, mettant l'accent sur la communauté LGBT.

"Nous allons toucher, par nos sujets, toute personne vivant sur le sol tunisien. Notre ligne éditoriale est de parler des droits et des libertés individuelles en général, mais le focus sera mis sur la communauté LGBT", a expliqué M. Belhadi.

Parmi ces émissions, "Hkeyet Shams" (Histoires de Shams, en arabe) diffusera des témoignages sur la vie quotidienne de personnes LGBT.

Une jeune Femen tunisienne, Amina Sboui, qui avait scandalisé la Tunisie en 2013 en s'affichant seins nus sur un réseau social, figurera parmi les animateurs.

Si des militants associatifs ont salué le lancement de la radio, des réactions hostiles ont aussi été enregistrées sur les réseaux sociaux ou dans les médias.

Certains ont appelé à "faire taire" Shams Rad, tandis que d'autres se sont offusqués de son apparition "dans un pays musulman et conservateur".

Bouhdid Belhadi a indiqué avoir reçu plus de 4.000 messages d'insultes, de haine et de menaces, y compris de mort.

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