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Afrique du Sud: l'ANC se prépare

Le Congrès national africain (ANC), au pouvoir depuis 1994 en Afrique du Sud, devait voter dimanche soir pour désigner le successeur de leur contesté président Jacob Zuma, un scrutin crucial pour l'avenir du parti et de la "nation arc-en-ciel".

Conclusion de plusieurs mois d'une campagne âpre et serrée, le scrutin va opposer l'actuel vice-président Cyril Ramaphosa, soutenue par l'aile modérée de l'ANC, à la candidate soutenue par M. Zuma, son ex-épouse et ancienne patronne de l'Union africaine (UA) Nkosazana Dlamini Zuma.

Au terme d'une longue journée de tractations et de contestations, les délégués sont parvenus à se mettre d'accord sur une liste révisée de 4.776 votants et à s'accorder sur les détails de la procédure de vote, à bulletin secrets.

Le décompte actualisé des nominations par les différentes sections et branches provinciales du parti a donné une longueur d'avance à M. Ramaphosa sur sa rivale, avec un total de 1.469 contre 1.094. 

Mais ce rapport de force peut être facilement inversé, puisque les délégués peuvent jusqu'au bout voter comme bon leur semble.

Le scrutin lui-même devait débuter en soirée, une fois imprimés les bulletins de vote, mais son résultat ne devrait pas être connu avant, au plus tôt, lundi matin, a pronostiqué devant la presse la secrétaire générale adjointe de l'ANC, Jessie Duarte.

"Ca va être très serré et les bulletins vont être comptés et recomptés", a confirmé à l'AFP l'analyste Susan Booysen, spectatrice assidue des conférences de l'ANC. "Je ne serais pas surprise que les résultats ne soient disponibles qu'à l'aube".

Le vainqueur de ce duel au couteau à de bonnes chances de devenir le prochain président du pays en 2019, à la fin du deuxième quinquennat de Jacob Zuma.

- 'Frustration' -

Mais, ainsi que l'a reconnu lui-même samedi le chef de l'Etat en ouvrant la réunion, le parti de l'icône Nelson Mandela a vu son étoile sérieusement pâlir depuis sa large victoire lors premières élections libres de l'histoire du pays.

"Notre échec à régler les problèmes a commencé à peser sur notre mouvement", a concédé M. Zuma dans son discours d'adieu de chef du parti, citant "la corruption, la criminalité et l'emploi".

Affaibli par la crise économique et les accusations de corruption qui visent Jacob Zuma, l'ANC a subi un sérieux revers aux élections locales de 2016 en cédant à l'opposition le contrôle de villes de premier plan comme Johannesburg et Pretoria.

Et de nombreux analystes lui prédisent déjà une défaite historique et la perte de sa majorité absolue aux élections générales de 2019.

"Notre peuple est frustré quand nous perdons du temps à nous quereller entre nous plutôt que de résoudre les défis quotidiens auxquels il est confronté", a déploré M. Zuma samedi.

Conscient des fractures qui minent son mouvement, le chef de l'Etat a appelé samedi les candidats à l'unité du parti. "Ils ont accepté de respecter les résultats", a-t-il insisté, "je veux que chacun d'eux garde bien ça en tête".

Rien n'est mois sûr, car la rivalité entre les camps des deux favoris semble à son comble et menace de faire éclater l'ANC.

Soutenu par l'aile modéré du parti, très apprécié des marchés, Cyril Ramaphosa, 65 ans, a promis de relancer l'économie et violemment dénoncé la corruption du clan Zuma.

"Nous défendons Cyril pour qu'il nettoie l'ANC (...) et le pays de la corruption et pour qu'il travaille pour les plus pauvres", a résumé à l'AFP une déléguée, Natalie Gillion.

- 'Unité' -

Il a reçu samedi un soutien de poids, celui de la présidente du Parlement Baleka Mbete.

Face à lui, Nkosazana Dlamini Zuma, 68 ans, a repris le discours de son ex-époux, sur la redistribution des richesses au profit de la majorité noire, dont une large partie continue à vivre dans la pauvreté un quart de siècle après la chute de l'apartheid.

"Nous soutenons la camarade Nkosazana Zuma parce que je trouve qu'elle défend, qu'elle parle beaucoup de la transformation radicale de l'économie", a déclaré à l'AFP le chef de la Ligue des jeunes de l'ANC, Collen Maine.

Ses adversaires reprochent à Mme Dlamini Zuma de n'être qu'une marionnette de son "ex" et de lui avoir promis l'immunité judiciaire pour les scandales dans lesquels il est impliqué.

Avant de voter, les partisans des deux camps ont affiché une dernière fois dimanche soir leur détermination.

"Nous sommes très impatients de voter, de voter pour Cyril Ramaphosa", a confié à l'AFP un délégué de la province du Mpumalanga (nord) qui a préféré taire son nom.

"Si Ramaphosa gagne, je ne le soutiendrai pas. Dlamini Zuma est la meilleure", a rétorqué une de ses collègues du KwaZulu Natal (est), Luthuli Pearl. "Tout ce qu'on peut lui reprocher, c'est d'avoir été la femme de Zuma".

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