mis à jour le

Zimbabwe: Mnangagwa promet un "nouveau chemin"

Le nouveau président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa a symboliquement refermé vendredi la page de l'ère Robert Mugabe en promettant aux cadres du parti au pouvoir réunis en congrès "un nouveau chemin" au service des "rêves" du pays.    

Trois semaines après la démission du "camarade Bob", le nouvel homme fort du Zimbabwe a fustigé les ratés de l'ancien régime et prôné un retour aux sources de la Zanu-PF, qui dirige le pays depuis son indépendance en 1980.

"Ce congrès doit définir un nouveau chemin pour le parti (...), notre parti doit être l'instrument du rêve collectif de la nation et de son peuple", a-t-il lancé devant des centaines de délégués.

Robert Mugabe, 93 ans, a démissionné le 21 novembre à la suite d'un coup de force de l'armée.

Les généraux sont intervenus pour barrer la route de sa succession à la Première dame Grace Mugabe, qui venait d'obtenir de son époux le limogeage du vice-président Mnangagwa, considéré comme le dauphin du chef de l'Etat.

Après trente-sept ans d'un règne sans partage, M. Mugabe a laissé à son successeur un pays ruiné par la faillite de son économie et les sanctions imposées par la communauté internationale en représailles à la répression des opposants.

S'il a rendu, pour la forme, "hommage" à son prédécesseur, M. Mnangagwa a dénoncé vendredi son bilan.

"Nous devons tous revenir aux sources et réparer le parti", a-t-il déclaré, casquette aux couleurs de la Zanu-PF sur la tête.

"Les règles idéologiques du parti ont été bafouées quotidiennement, (...) sa mobilisation n'était plus que de la coercition, ce n'était plus le parti auquel vous et moi avions promis fidélité", a poursuivi le président.

Depuis son investiture, Emmerson Mnangagwa, 75 ans, surnommé le "Crocodile" pour son caractère impitoyable, a promis de redresser l'économie du pays, d'y créer des emplois et d'y faire revenir les investisseurs étrangers.

Jeudi, à la veille du congrès, il s'est déclaré déterminé à lutter contre la corruption et a appelé à la levée des "sanctions politiques et économiques" imposées par l'étranger.

- Elections -

M. Mnangagwa s'est également engagé à organiser, "comme prévu", les élections présidentielle et législatives en 2018. Elles seront "libres et justes", a assuré celui qui a déjà été investi candidat du parti pour le scrutin présidentiel.

Les scrutins de l'ère Mugabe ont été largement entachés de fraudes et de violences contre des militants de l'opposition. 

De nombreux opposants ou membres de la société civile doutent toutefois de M. Mnangagwa, ce cacique de l'ancien régime qui s'est signalé comme un exécuteur appliqué des basses oeuvres répressives de l'ex-président.

Après la nomination de deux généraux au gouvernement, l'opposition s'inquiète désormais d'une militarisation de l'état-major du parti à la faveur du congrès de vendredi.

"Le but (de la réunion) est de consolider la position du président Mnangagwa au sein du parti en s'assurant que (les partisans de Grace) soient remis fermement à leur place", a déclaré à l'AFP l'avocat et opposant David Coltart.

"Beaucoup de gens considèrent le (nouveau) gouvernement comme un fin vernis sur une junte militaire, la question est de savoir si le vernis va être plus mince ou plus épais", a-t-il ajouté.

Le chef de l'Etat a nommé des généraux pour les ministères des Affaires étrangères et de l'Agriculture de son gouvernement.

Le congrès de la Zanu-PF devrait être également l'occasion de "réintégrer les anciens combattants dans la structure du parti", selon Takavafira Zhou, professeur de sciences politiques à l'université d'Etat de Masvingo (Zimbabwe).

La puissante organisation des "anciens" de la guerre d'indépendance a joué un rôle déterminant dans la récente crise en lâchant l'ancien président qu'elle avait jusque-là soutenu.

M. Mnangagwa doit conclure la réunion de vendredi en fin d'après-midi par un nouveau discours.

fn-rm-pa/bed/jlb

     

pays

AFP

Sommet des pays du lac Tchad consacré

Sommet des pays du lac Tchad consacré

AFP

Pacte sur les Migrations: les ONG appellent les pays

Pacte sur les Migrations: les ONG appellent les pays

AFP

CAN-2019: le pays organisateur connu le 9 janvier, l'Afrique du Sud candidate

CAN-2019: le pays organisateur connu le 9 janvier, l'Afrique du Sud candidate