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Nigeria: documents d'identité pour les déplacés de Boko Haram

Quelque 100.000 personnes déplacées par les violences du groupe jihadiste nigérian Boko Haram ont commencé mercredi à recevoir des papiers d'identité officiels afin de les aider à retrouver une existence normale dans le nord-est du Nigeria. 

Le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) a commencé à enregistrer dans la matinée les déplacés du camp de Dalori, à la sortie de la capitale de l'Etat du Borno, Maiduguri, berceau de Boko Haram.    

"Nous saisissons leurs données et nous leur remettons un certificat d'identification temporaire en attendant la production de la carte d'identité d'ici la semaine prochaine", a déclaré à l'AFP un porte-parole du HCR, Dangana Ibrahim.   

Plus de 20.000 personnes ont été tuées et 2,6 millions déplacées en huit années d'insurrection qui a ravagé le nord-est, détruisant les moyens de production et entrainant une grave crise humanitaire. 

Environ 1,8 million de personnes vivent actuellement dans des camps de déplacés ou sont accueillis par des proches dans les Etats les plus touchés (Borno, Yobe et Adamawa). D'autres ont trouvé refuge au Niger, au Tchad et au Cameroun voisins.

L'Etat de Borno, épicentre du conflit, est prioritairement visé par le programme mis en place par les Nations Unies avec les autorités nigérianes et les chefs de communautés déplacées. Il devrait ensuite s'étendre à tout le nord-est.

Selon le HCR, 90% des personnes déplacées vivant dans le Borno n'ont pas ou plus de papiers attestant de leur identité.

Même avant le début du conflit en 2009, la part de la population officiellement enregistrée et recensée était marginale dans cette région rurale où le taux de scolarisation et d'alphabétisation reste un des plus faibles au monde. 

L'absence de documents d'identité rend les civils encore plus vulnérables. Une déplacée a ainsi été abattue récemment par un soldat qui l'avait prise pour une kamikaze sur le point de commettre un attentat-suicide, a expliqué M. Ibrahim.

En mai, une responsable du HCR pour l'Afrique de l'Ouest, Liz Ahua, avait rappelé que plus de 200.000 réfugiés nigérians au Niger, au Tchad et au Cameroun n'étaient en possession d'aucun document officiel "adéquats", ce qui rendait leur "accès à la protection et aux droits" plus difficile. 

"Le lien entre les problèmes d'apatridie, le maintien de la paix et la sécurité dans la région ne peut être dissocié car l'apatridie peut conduire à l'insécurité et à l'instabilité", avait-elle ajouté. "Les apatrides pourraient facilement être utilisés comme des outils de destruction".

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