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Cameroun - Des moto-taxis provoquent des émeutes à Douala

Si le Nigeria connaît depuis le début du mois de janvier des grèves à la suite de l’augmentation du prix de l’essence, l’un de ses pays voisins doit également gérer une autre crise. Depuis le 31 décembre, la ville de Douala, la capitale économique du Cameroun, est en proie à de violentes émeutes, indique Le Jour.

Les troubles ont débuté à la suite de l’assassinat d’un jeune du quartier de Deïdo par des conducteurs de moto-taxis. Dans la nuit du 30 au 31 décembre, alors qu’il rentrait chez lui accompagné de sa copine, Eric Mony, 34 ans, est agressé et poignardé mortellement par des moto-taximen.

L’assassinat se produit à 4h30. Rapidement, la tension se fait sentir. A 6h, des jeunes du quartier sortent dans les rues et refoulent tous les moto-taxis qui circulent dans les environs. Tous les moto-taximen qui refusent d’obtempérer sont battus et voient leur véhicule confisqué.

Pour les jeunes de Deïdo, l’ensemble des moto-taxis est responsable du meurtre d’Eric Bony et des agressions commises dans le quartier.

«Nous ne voulons plus voir de moto à Deïdo», s’exclament-ils.

Les troubles prennent de l’ampleur et rapidement, les forces de l’ordre sont dépassées. Les jeunes du quartier de Deïdo affrontent les moto-taximen. A Deïdo, se trouvent l’hôpital de district, l’orphelinat St Jean, l’école catholique St Gérard et la paroisse St Jean. Tous ces établissements ont été fermés.

Le député Jean-Jacques Ekindi, habitant du quartier, a appelé la population au calme. Mais le message d’apaisement de l’homme politique est vain. Ce dernier est touché par un jet de caillou dont il était la cible, un incident qui ne fait que raviver les tensions.

Quelques jours plus tard, le 4 janvier, le climat est encore très tendu à Douala. Des commerces et des motos sont incendiés, des boutiques pillées, selon RFI. La situation a même pris une tournure politique. L’opposition fustige la gestion de la crise du pouvoir. Aucun membre du gouvernement ne s’est déplacé pour constater la gravité de la situation.

Apparu au Bénin, puis au Nigéria, le moto-taxi est un moyen de transport très répandu au Cameroun. En revanche, les conducteurs de ces moto-taxis ont une réputation sulfureuse. La plupart de ces moto-taximen exercent dans la clandestinité, sans permis et au mépris de la loi. De plus, certains criminels se font passer pour des moto-taximen en vu d’agresser leur passager.

Les conducteurs de moto-taxi sont solidiaires entre eux, n’hésitant pas, par exemple, à défendre l’un des leurs quand celui-ci a provoqué un accident de la route. Au Cameroun, on trouve trois syndicats très influents.

Les moto-taxis jouent également un rôle politique et sont souvent à la pointe de la contestation. Ces derniers sont à l'origine de nombreuses grèves.

Lu sur Le Jour, RFI

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