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La guerre du feu dure depuis 300.000 ans

Des chercheurs britanniques ont prouvé par leurs récentes études que les feux de forêts sur le continent africain étaient moins nombreux depuis l'apparition de la vie humaine que lorsque l'Afrique n'était pas encore habitée.

Les feux de forêts, qui font des ravages sur le continent africain, étaient même beaucoup plus réguliers et importants qu'ils ne le sont aujourd'hui, selon cette étude. Il y a 300.000 années, la foudre s'abattait généralement sur les arbres durant la saison des pluies et causait beaucoup plus de dégâts qu'à l'heure actuelle. Ces recherches, publiées dans la revue scientifique «Proceedings of the National Academy of Science», cassent ainsi le schéma préétabli qui laissait penser que l'apparition des êtres humains était la cause d'un nombre plus important de déclenchements de feux de forêts.

Ces recherches ont par ailleurs également démontré que la population humaine s'élargissant, un plus grand nombre de feu survenait durant la saison sèche, ce qui a abouti à un changement de climat du continent africain.

Historiquement, le feu aurait même joué un rôle important dans l'élaboration de la flore et de la faune des paysages.

 

«Les gens étaient conscients qu'il y avait beaucoup de déclenchements de feux», explique la co-auteure de cette étude, Sally Archibald, chercheur supérieur au Council for Scientific and Industrial Research en Afrique du Sud. «Lorsque nous avons commencé les recherches, via un satellite, il a été démontré de façon plus apparente qu'il y avait encore plus de feux de forêt que ce que nous imaginions», a-t-elle précisé à la BBC.

L'étude a également estimé à environ 300.000 ans le nombre d'années où les premiers êtres humains auraient pu commencer à déclencher des feux, mais l'impact réel aurait commencé il y a environ 70.000 ans, lorsque les populations humaines ont commencé à être plus répandues.

Le professeur Archibald a déclaré à la BBC que l'un des éléments clés qui ressortait de l'étude était le fait que, selon la maquette, les incendies étaient actuellement à leur «plus bas niveau depuis ces 40.000 dernières années

«Il y a moins de feu de forêts en Afrique aujourd'hui, même lorsque l'on regarde les données, on a la sensation qu'il y en a énormément en raison de la façon dont les populations ont utilisées l'espace habitable», a-t-elle indiqué.

Elle a également indiqué que cette étude pourrait aider les parc nationaux à développer des politiques chargées de lutter contre les incendies de forêts, afin —entre autres— de préserver la biodiversité.

Lu sur BBC News

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