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La mode des prises d'otages au pays du mora mora

La prise d’otages serait-elle une pratique devenue à la mode au pays du mora mora —à savoir le calme et la douceur malgaches légendaires—? C’est ce que laisse entendre l’Express de Madagascar à propos de la ville de Toliara. Ce quotidien malgache rappelle que cette ville située sur la côte sud-ouest de la Grande Île a connu «trois prises d’otages remarquables et spectaculaires» en moins de deux ans.

Une première fois le 16 juin 2010, un homme politique local, Jeannot Roberval, a été séquestré à son domicile par un groupe de jeunes opposants. Ces derniers protestaient contre l’incarcération d’un de leurs camarades membres de l’opposition.

La deuxième fois, le 1er août 2011, des étudiants grévistes de l’université de Toliara ont décidé de prendre en otages une dizaine de personnes membres du personnel de l’établissement pour protester contre l’exclusion de douze de leurs camarades suspectés de fraudes lors d’examens. Les étudiants preneurs d’otages avaient même enlevé chez eux les épouses et enfants de certains responsables universitaires pour les séquestrer dans leur campus universitaire. Tous les détenus ont été libérés au bout de 72 heures à l’issue de négociations qui ont conclu l’arrêt des poursuites contre les étudiants kidnappeurs.

Le dernier épisode de prise d’otage est bien plus récent mais surtout plus tragique puisqu’il s’est terminé par la mort d’un homme, un magistrat malgache, des suites de mauvais traitements. L’affaire qui s’est déroulée le 9 décembre dernier a créé un vrai traumatisme, qui oppose deux corps d’Etat, celui de la Justice et celui de la Police. En effet, «des policiers ont pris en otage un chef de poste Pénitencier et un substitut du Tribunal de Toliara pour exiger la libération immédiate et sans condition de leur collègue policier conditions douteuses».

D’après le journal, ce qui surprend et choque dans ces différentes affaires, «c’est l’inertie des autorités civiles et militaires malgaches».

Un avocat de la ville témoigne lui aussi de ce phénomène: «Des groupes d’individus à Toliara sont tentés d’imiter ce genre d’action uniquement par ferveur sans connaître ce qu’ils encourent. Car, quoi qu’il en soit, la séquestration reste un délit et constitue une solution extrême».

Le plus inquiétant à son avis est «le côté répétitif de ces actes qui devient presque une règle dans cette ville».

Lu sur L'Express de Madagascar

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