SlateAfrique

mis à jour le

Nigeria - La hausse du prix de l'essence enflamme les esprits

Goodluck Jonathan, président du Nigéria, vit actuellement une période difficile à la tête du pays. Le 28 décembre, plusieurs organisations nigérianes rassemblées autour de Coalition to Save Nigeria (CSN) ont appelé à sa démission, selon le quotidien de Lagos 234Next. Ils contestent la décision du gouvernement de supprimer la subvention allouée à l’essence. Le Nigeria est le premier pays africain producteur de pétrole. 

La décision du gouvernement nigérian a eu de lourdes conséquences sur le prix de l'essence qui a doublé, parfois triplé dans certains secteurs. Avec la suppression de la subvention, le litre d'essence passe de 65 naira (0,30 euros) à 140 naira (0,66 euros) dans les stations services.

Au marché noir, le prix varie de 100 naira (0,47 euros) à 200 naira (0,95 euros), beaucoup de Nigérians passent par ce canal pour obtenir de l’essence. Ce marché noir est très répandu dans le pays, le gouvernement est résolu à éradiquer cette économie souterraine qui touche d'autres Etats tels le Bénin.

L'augmentation du prix de l'essence provoque également une hausse du prix de la course en minitaxi. Le Nigéria est un grand producteur de pétrole, mais paradoxalement, il importe son pétrole raffiné, le pays manquant de raffineries.

La coalition désireuse de voir Goodluck Jonathan quitter le pouvoir se compose de la Nigeria Labour Congress (NLC), la Nigerian Bar Association (NBA) et la Nigerian Medical Association, des associations de la société civile, des étudiants, et des artisans.

Les principaux syndicats ont appelé la population à se préparer pour les grèves, rapporte BBC News. Les deux plus importants syndicats du pays, le Trade Union Congress et le Nigerian Labour Congress ont publié un communiqué dans lequel ils exhortent les Nigérians à se battre.

«Nous appelons la population à commencer une mobilisation immédiate vers le jour-J pour le début des grèves, les manifestations de rue et les protestations de masse à travers le pays».

«Nous sommes sûrs que le peuple nigérian triomphera».

L’activiste John Odah critique la décision du gouvernement. Pour lui, l’argent que le pouvoir va récupérer avec la subvention ne sera pas utilisé pour aider le peuple nigérian. Odah pointe également du doigt la politique de transports du gouvernement.

Le pays n’est pas doté de lignes de chemins de fer de banlieue. Les Nigérians n’ont donc pas d’autre choix que d’utiliser des motos et les minibus taxi. Or, le prix des courses varie selon le prix de l’essence.

Depuis un certain temps, le Fonds Monétaire International (FMI) pousse le Nigeria à retirer cette subvention. La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a récemment salué le pays pour ses tentatives de «transformer l'économie du pays».

Lu sur 234Next, BBC News

A lire aussi

Delta du Niger - Comment réinsérer les ex-rebelles

Sao Tomé rêve encore de pétrole