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Sénégal - Des rebelles de Casamance détiennent cinq militaires

A quelques mois de la présidentielle du Sénégal de février 2012, la région de la Casamance, en conflit depuis 1982, connaît un fort regain de violence. Les récentes attaques des rebelles ont fait des dizaines de morts dans l’armée sénégalaise. Et les exactions sont loin de cesser. Wal Fadjri rapporte que cinq militaires sénégalais ont été pris en otages par le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC).

On n’avait plus aucune trace de ces derniers depuis le 13 décembre. Le MFDC s'est lancé en 1947. Il revendique l’indépendance de la Casamance.

Le Cercle des universitaires et intellectuels du MFDC serait disposé à libérer les militaires sous certaines conditions. Le Docteur Cherif Apakéna Diémé, leader du cercle a signé un communiqué dans le quel il précise que «le Sénégal doit implorer l’intervention de la communauté internationale pour une issue à cette affaire». Diémé invite le pouvoir sénégalais à accepter de négocier la libération des militaires. Ces derniers ne seront libérés que si l'armée quitte la région:

«Ce qui semble à la fois étrange et complexe, c’est l’innovation dans la stratégie du MFDC qui, contrairement à ses habitudes, a décidé de retenir en otages ses captifs dont la libération serait subordonnée à la levée des poursuites contre ses leaders et le retrait définitif de l’armée sénégalaise de Casamance», apprend-on dans un article du journal burkinabè Le Pays.

Amnesty International Sénégal, la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme et de la Ligue sénégalaise des droits de l’homme ont, dans un communiqué commun, appeler le MFDC à «accorder au Comité international de la Croix-Rouge un accès immédiat et sans condition aux militaires détenus, afin qu’il s’assure du respect par ses combattants des normes internationales en vigueur pour le traitement des prisonniers de guerre».

Le 21 décembre, 10 civils partis cherchés du bois dans une forêt ont été tués par des indépendantistes présumés à Diagnon, à l'ouest de la Casamance. Les 13 et 20 décembre, les rebelles ont attaqué des cantonnements de l’armée à Kabeum et Diegoune (ouest de la région), provoquant la mort de plusieurs civils.

Lu sur Wal FadjriLe Pays

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