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Libye - La «révolte» des ex-rebelles tombés au chômage

Débarassée de Mouammar Kadhafi, la Libye est en pleine reconstruction. Les ex-rebelles, responsables de la chute du Guide libyen, souhaitent aller de l’avant mais la reconversion est difficile. Si bien qu’à Benghazi, la ville d'où est partie la révolte, les ex-rebelles et les soldats se sont mis en grève, le 27 décembre, pour témoigner de leur mécontentement, rapporte RFI. Ces derniers revendiquent le paiement de dix mois de soldes. A la pointe de la contestation, on retrouve les forces spéciales et les hommes de la troisième brigade d’infanterie.

Les premiers ont quitté l’armée en février pour rallier Abdel Fatar Younès, le général libyen qui démissionna ce même mois pour rejoindre l’insurrection. Il a été assassiné le 28 juillet. Les 400 hommes de cette unité n’ont reçu ni solde, ni prime, depuis le début de la révolte.

Le deuxième groupe contestataire est constitué d’ex-rebelles. Ces derniers ont été intégrés à la troisième brigade d’infanterie à la différence qu’ils ne jouissent pas des avantages de leur statut. Et à l’image des forces spéciales, ils n’ont rien touché. Pour subvenir à leurs besoins, les ex-rebelles sont obligés de travailler.

Le 29 décembre, 500 individus ont prévu de manifester devant la banque centrale de Benghazi, «sans armes pour le moment», ont-ils promis. 

Conscients des difficultés que connaissent les ex-rebelles, le gouvernement libyen a décidé de leur venir en aide en leur faisant remplir des formulaires de candidatures pour trouver du travail au sein des institutions, révèle Associated Press (AP). Les autorités libyennes leur demandent en échange de rendre leurs armes. Le désarmement des milices est l'un des principaux objectifs du gouvernement.

Les ex-rebelles ont jusqu’à la fin du mois de janvier 2012 pour déposer leur candidature.

Ibrahim al-Khamsy, 50 ans, a travaillé treize ans durant sur une plateforme pétrolière. En 1990, il est renvoyé par des officiels du régime de Kadhafi.

«J’espère que je retrouverai mon ancien travail. Mais ils doivent prendre en compte mes années d’expérience… ou me donner une augmentation.»

Abdul-Ali, ministre de l’Intérieur a déclaré que 25.000 recrues seraient nécessaires pour restaurer la sécurité en Libye:

«Nous voulons du sang neuf. Nous avons besoin de forces de sécurité pour garder les principales institutions et les compagnies pétrolières».

Lu sur RFI, Associated Press

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