Burkina Fashion, les dessous d'une marque de lingerie burkinabè

De plus en plus d’entreprises décident de se lancer dans le commerce équitable.  Selon Altereco, le commerce équitable consiste à travailler en priorité avec des groupes de petits producteurs défavorisés dans les pays du Sud, de construire avec eux des relations commerciales justes et solidaires. Ce commerce obéit à des règles que certaines compagnies ne respectent pas forcément. C’est ce que révèle Cam Simpson, journaliste du magazine économique Bloomberg.

En effet, il y a peu, la marque américaine de lingerie Victoria’s Secret lançait une ligne de petites culottes et de soutiens-gorge baptisés  Burkina fashion.  Créée en 1997, la marque de lingerie Victoria’s  Secret s’est notamment fait connaître grâce à ses fameux défilés qui ont vu passer de célèbres top-models, tels que Naomi Campbell, Tyra Banks, ou encore Claudia Schiffer.

Le coton organique récolté pour la confection de ces sous-vêtements vient du Burkina Faso. Les champs y sont «certifiés bios et équitables, labels censés garantir une culture respectueuse de l’environnement, sans pesticides ni engrais, et des conditions de travail et de vie décentes aux producteurs», comme le rappelle Le Nouvel Observateur. Cela suppose donc l’interdiction du travail des enfants.

Pourtant, on retrouve bien des enfants dans ces champs de coton. Dans son reportage, la journaliste Cam Simpson s’est plus particulièrement intéressé à Clarisse Kambire, jeune fille de 13 ans. Cette dernière effectue un travail pénible et doit subir les foudres du fermier Victorien Kamboule qui la bat.

L’Union nationale des producteurs de coton du Burkina Faso —organisme français—, est en charge de gérer le commerce équitable dans le pays. En 2008, il avait co-parrainé une étude indiquant que des centaines, voire des milliers d’enfants comme Clarisse seraient victime du travail forcé. Victoria’s Secret a déclaré n’avoir jamais eu connaissance de ce rapport.

Un dirigeant de la maison mère a déclaré que la quantité de coton acheté au Burkina Faso était infime. En revanche, ce dernier prend très au sérieux le problème du travail des enfants:

«Les comportements décrits sont contraires aux valeurs de notre compagnie», a déclaré Tammy Roberts Myers vice-présidente de la communication externe pour Limited Brands.

«Notre règlement interdit le travail pour les enfants», a t-elle ajouté.

Dans cet article, Fairtrade International, organisme en charge de la certification du commerce, est mis en cause. C'est cette organisation qui a décerné les labels aux champs de coton en question. Pour Myers, ces labels ont été délivrés «pour améliorer la vie de femmes et d'enfants qui comptent parmi les plus pauvres du monde».

Fairtrade International a réagi à l'article de Bloomberg, rappelant qu'«aucun système de certification ne peut garantir à 100% qu’il n’y a pas de travail des enfants». Le commerce équitable contribue, partout dans le monde à l'amélioration des conditions de nombreux individus.

Lu sur Bloomberg, Le Nouvel Observateur

 

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mise à jour 24/12/2011,

 
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