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Sénégal - Les hommes politiques dégainent à Dakar

Mise à jour du 29 décembre: Le maire PS de Sacré-Coeur-Mermoz à Dakar, Barthélémy Dias a été inculpé pour homicide volontaire, coups et blessures volonaires et détention d'armes, dans le cadre de l'enquête sur la mort par balle d'un jeune homme le 22 décembre.

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«Bienvenue au Far-west», s’est exclamé Barthélémy Dias, le maire PS du quartier de Sacré-Coeur-Mermoz à Dakar, après avoir tué Ndiaga Diop, un des partisans du président sénégalais Abdoulaye Wade venus l’intimider devant sa mairie, le 22 décembre.

Selon la porte-parole du Parti Socialiste sénégalais, Aïssata Tall Sall: «cinq (véhicules) pick-up, remplis de nervis du pouvoir ont attaqué la mairie du quartier de Sicap-Mermoz». Tout comme Barthélémy Dias, elle plaide pour lui la légitime défense. Pourtant, «le rapport d'autopsie versé au dossier indique que Ndiaga Diop est mort d'une balle qui lui a conféré la nuque. Il fuyait donc au moment où il a été atteint par l'engin mortel», affirme le site Dakaractu.com.

Le président du Sénégal Abdoulaye Wade est au pouvoir depuis les élections de 2000. Ayant effectué les deux mandats légaux, le président a présenté un projet de modification de la Constitution pour lui permettre de briguer un troisième mandat en juin dernier. Projet qu’il a dû abandonner après les manifestations populaires du 22 et 23 juin 2011 (qui a vu naître le mouvement M23).

Cet incident extrêmement violent intervient à la veille du congrès d’investiture d’Abdoulaye Wade comme candidat à la présidentielle du parti démocratique sénégalais (PDS), et du «congrès du peuple pour dire non à un troisième mandat anticonstitutionnel de Wade», organisé par le mouvement du 23 juin (M23).

Dakaractu.com publie quelques images édifiantes de ces échauffourées où l’on voit le maire tirer sur les partisans de Wade:

Une autre vidéo (ci-dessous) montre Barthélémy Dias expliquer sur le vif l’acte qu’il vient de commettre. La violence de ces propos révèle à quel point le climat politique actuel est explosif au Sénégal:

«S’il y a des morts, a-t-il affirmé froidement, ils ne sont pas les premiers morts, et ils ne seront pas les derniers non plus dans ce conflit».

De façon presque chevaleresque, il provoque le ministre de l’Intérieur Ousmane Ngom en lui lançant un ultimatum:

«Si à 15 heures Oussmane Ngom n’a pas mis de l’ordre dans cette ville, demain, Abdoulaye Wade ne sortira pas de chez lui. (…) Comme il a dit "œil pour œil, dent pour dent", et bien, bienvenue au far-west».

Vu sur Dakaractu.com

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