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Somalie - Djibouti se joint aux forces africaines contre les shebab

Djibouti a décidé de s’impliquer militairement dans la lutte contre les milices islamistes des shebab qui tentent de renverser le gouvernement somalien de transition soutenu par l’ONU. Une centaine de soldats djiboutiens sont arrivées le 20 décembre dans la capitale somalienne Mogadiscio pour renforcer les rangs des 10.000 hommes déjà mobilisés par l’Union africaine pour combattre les militants islamistes somaliens.

L’annonce du retrait des positions shebab à Mogadiscio en août dernier avait sonné comme les prémices d’une victoire des autorités somaliennes. Mais quelques mois après, ce groupe de 7.000 à 9.000 combattants, qui entretiendrait des liens avec l’organisation djihadiste internationale al-Qaida, a perpetré plusieurs attentats meurtriers et maîtrise toujours de grandes zones du territoire au sud et au centre du pays.

La mission de l’Union africaine en Somalie (Amisom) a indiqué que 800 autres soldats djiboutiens devraient rejoindre la capitale dans les prochains jours. Djibouti est le troisième pays, après le Burundi et l’Ouganda, à rejoindre cette force. Mais le Kenya est aussi aux avant-postes de l’intervention armée contre la milice. En effet, l’armée kenyane a lancé une opération militaire dans le sud de la Somalie le 16 octobre dernier, après avoir accusé les shebab d’une série d’enlèvements de ressortissants européens au début de l’automne. Malgré leurs déclarations, les autorités kenyanes n’ont toujours pas intégrées la force de l’Union africaine.

Djibouti, petit Etat de moins de 900.000 habitants, représente aussi un pied-à-terre pour les forces américaines et françaises qui y possèdent une base militaire. Le 20 octobre dernier, la France avait affirmé son soutien à l’opération militaire kenyane et au travail de l’Amisom:

«Nous souhaitons que l'opération kényane, qui est menée en lien et en étroite concertation avec le gouvernement fédéral de transition [somalien, GFT] contre les exactions des milices shebab, contribue à faire retrouver au plus vite à la Somalie la sécurité et la stabilité», avait affirmé le porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères français, Romain Nadal.

Pour l'instant, ni la France, ni les Etats-Unis n’ont encore indiqué leur volonté d’intervenir activement dans le conflit. Pourtant, la coalition de l'Union africaine en aurait bien besoin. Selon l'un de ses commandants, il faudrait 20.000 soldats pour garantir le contrôle de la capitale.

Lu sur BBC

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