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Les malheurs du «parrain» Belhassen Trabelsi au Canada

Un an après sa fuite, Belhassen Trabelsi, «ancien parrain du clan mafieux qui a dirigé la Tunisie pendant près d'un quart de siècle» court toujours selon La Presse. Peut-être pas pour longtemps.

«Le 6 décembre dernier, des enquêteurs de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ont fait une perquisition dans les bureaux de l'avocat Donald Kattan, soupçonné de gérer les affaires de M. Trabelsi depuis l'arrivée de ce dernier au Canada, le 20 janvier», rapporte La Presse.

L’avocat est accusé d’avoir administré les avoirs de Belhassem Trabelsi, le beau-frère de l’ancien président Zine el Abidine Ben Ali. L’enquête incrimine Me Kattan qui aurait joué le rôle d’intermédiaire dans les transferts de fonds et de biens de Belhassem Trabelsi.

Celui qui a fait main basse sur l'économie tunisienne avant d'être chassé du pouvoir par la révolte populaire, a été condamné en septembre dernier par la justice tunisienne à 15 ans de prison par contumace. Une condamnation qui devrait compliquer ses démarches pour demander un droit d’asile aux autorités canadiennes. L'immense fortune du clan a été par ailleurs évaluée entre 7 à 10 milliards de dollars, précise le quotidien canadien francophone.

Maître Kattan accompagne la famille Trabelsi depuis leur arrivée sur le tarmac de Montréal. L’avocat soigne ses clients, paye la note de l’hôtel s’élevant à presque 1.500 dollars, alors que les Trabelsi avaient fui la chambre à la suite d’une manifestation de la communauté tunisienne devant le bâtiment. C'est également le bureau de Me Kattan qui s'occupe de régler le loyer de la famille Trabelsi, au coût de 5.000$ par mois.

Toutefois les choses ne sont pas si faciles lorsqu’on porte un nom honni par une majorité de Tunisiens. En février dernier, la femme de M. Trabelsi, Zohra Djilani, avait inscrit ses trois filles dans une école privée. Les droits de scolarité, qui s'élevaient à 28.000$, avaient été payés par chèque. Sauf qu’en mars, la directrice de l'école a fait comprendre à Mme Djilani que pour le bien de l'école et la sécurité des élèves, il serait préférable que ses enfants quittent l'institution. Maître Kattan, le sauveur, n’a pas réussi à arranger une nouvelle fois les affaires des Trabelsi.

Aujourd’hui, c’est lui qui pourrait appeler à l’aide.

Lu sur La Presse

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