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Egypte - Le général qui veut s'inspirer d'Hitler

En Egypte, malgré les preuves accablantes, le pouvoir militaire nie avoir recours aux violences sur les manifestants. Et certains officiels dérapent. Ainsi, le 19 décembre, le journal privé égyptien Al-Shorouk rapportait les déclarations Abdel Moneim Kato, conseiller du service des Affaires morales de l'armée. Ancien général égyptien, Kato a déclaré que les «manifestants méritaient d’être jetés dans les fours d’Hitler», rapporte Al-Masri Alyoum.

Mohamed El Baradei, figure de l'oppposition et ancien directeur de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA), a fermement condamné ces déclarations via Twitter:

«Des gens comme Kato devrait être en prison, pas au pouvoir».

Pour Abdallah al-Sennawy, rédacteur en chef d’Al-Arabi Al-Nassery Magazine, ces propos sont passibles de la Cour pénale internationale.

D’autres utilisateurs du réseau social se sont également attaquer aux militaires dans leurs tweets. Un tweet souligne qu'il s'agit d'«une preuve criante que le Conseil suprême des forces armées ne devrait pas rester au pouvoir et qu'il est assez stupide pour nommer quelqu'un comme Kato au service des Affaires morales.»

L'ancien général a également critiqué la couverture des médias estimant qu’ils «évitaient toujours d’entrer dans le cœur du problème». Le conseiller cherche à minimiser la gravité des faits qui sont reprochés à l’armée:

«A quel moment les militaires ont-ils eu recours à la violence? Quand les manifestants essaient de brûler le Parlement et l’Institut scientifique.»

Abdel Moneim Kato n’en est pas à son premier coup d’éclat comme le rappelle El-Arham. En juillet, l’ancien militaire s’est battu avec la journaliste Dina Abdel Rahman au cours d’une émission de Dream TV2, chaîne privée égyptienne. Kato a d’abord critiqué son choix de faire intervenir dans son émission l’éditorialiste Naglaa Badir, qualifiant cette journaliste de «saboteuse». Elle s'en était prise au Conseil suprême des forces armées qui avait attaqué le mouvement de la jeunesse du 6 avril, groupe actif de la contestation.

L’ex-général a également affirmé que deux des candidats à la présidentielle étaient des agents américains. Lorsqu’Abdel Rahman lui a demandé s’il avait des preuves, le conseiller a répondu qu’il n’en avait pas. L’émission s’est brutalement interrompue et à la suite de cet incident, Abdel Rahman a été renvoyée.

Depuis plusieurs mois des manifestants appellent au départ du pouvoir militaire. L'armée réplique en réprimant dans la violence les mouvements de contestation. Le New-York Times a publié une vidéo réalisée par des activistes où l’on voit des militaires lancer, du haut d’une tour qu’il contrôle, des cocktails Molotov aux manifestants.

Lu sur Al-Masri Alyoum, El-Arham, vu sur The New-York Times

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