SlateAfrique

mis à jour le

Le président tunisien fustige les Français

Dans ses premiers entretiens accordés à des médias français les 16 et 18 décembre, le nouveau président de la République tunisienne, Moncef Marzouki, a abordé les différents enjeux politiques et économiques de son mandat et a surtout répondu vivement aux craintes de l’islamisme exprimées par la France.

Le chef du parti Congrès pour la République (CPR), l’un des trois partis arrivés en tête de l'élection de l’Assemblée constituante, a été élu par cette nouvelle assemblée le 12 décembre dernier. Dans une interview à la chaîne de télévision France 24, il répond aux inquiétudes de certains quant à l’accord conclu avec les islamistes d’Ennahda:

«Dans ce pays, nous sommes menacés par deux extrémismes: l’extrémisme religieux représenté par un certain nombre d’islamistes […] et l’extrémisme laïc pour qui à partir du moment où vous dites "je suis musulman" vous prend pour un islamiste et vous taxe de terroriste […]. Ni l’un ni l’autre ne sont acceptables. […] Nous travaillons avec les islamistes modérés avec un contrat très net et très clair, à savoir qu’on ne touche ni aux droits de l'homme ni aux droits de la femme».

S’il affirme qu’il est «francophone et francophile», le président tunisien a critiqué sans détour la crainte de l’islamisme par les Français dans un entretien accordé au Journal du Dimanche du 18 décembre:

«J’ai très peu apprécié des considérations culturalistes, pour ne pas dire racistes, formulées à Paris par certains, dont l’ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine, qui se demande si l’Occident doit exporter sa démocratie. Comme si la démocratie était propre aux pays occidentaux. Je suis francophone et francophile, je serai un pont entre la France et la Tunisie, nous travaillerons cordialement mais je constate que les Français sont souvent ceux qui comprennent le moins le monde arabe, alors que ce devrait être le contraire. Les Français sont prisonniers d’une doxa au sujet de l’islam», a-t-il déclaré, avant de revendiquer sa légitimité et son indépendance: «la révolution de janvier 2011 nous a donné la démocratie, la République et finalement l’indépendance».

Lu sur le JDD et France 24

A lire aussi

Marzouki: le pari de la cohabitation avec les islamistes

Moncef Marzouki: de la rupture à la compromission?

La Tunisie à la recherche d'une politique commune

Constituante tunisienne: comment ça marche?

Tunisie: la déferlante Ennahda

Hamadi Jebali, le nouveau Calife?

Marzouki, de la rupture à la compromission

Sit-in du Bardo: la dictature ne passera pas

Constituante tunisienne: comment ça marche?

Tunisie: les enseignements du scrutin

Tunisie: la déferlante Ennahda

Victoire des islamistes, sans regret!

Ennahda n'a pas droit à l'erreur

Cette saisissante immolation par le feu