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Cameroun - Le pays où les ministres se réunissent tous les trois ans

Réélu sans surprise à la tête du Cameroun, le 9 octobre, le président Paul Biya a procédé, début décembre, à un remaniement de son gouvernement. Le jeudi 15 décembre, le «sphinx» a présidé le premier conseil des ministres de son nouveau mandat.

Il s'agit d'un événement de taille: la dernière réunion de ce genre remonte au 3 juillet 2009, rappelle La Nouvelle Expression.

Le président camerounais s’est exprimé durant une dizaine de minutes et a défini les grandes lignes de son septennat. Ce conseil des ministres était placé sous le signe de l’économie. Paul Biya souhaite que le gouvernement imprime à l’économie du pays «une nouvelle dynamique et de mette le pays sur les rails de l’émergence», apprend-on sur Le Jour.

Pour mettre en œuvre le programme de Biya, baptisé les «grandes réalisations», le gouvernement va notamment se baser sur le «document de stratégie pour la croissance et l’emploi qui fixe les étapes du parcours du Cameroun pour la décennie».

Deux ans après le dernier conseil des ministres, Biya compte donner l’image d’un président soucieux de l’avenir de son pays:

«Nous avons de grands progrès à faire en termes d’efficacité et de rapidité», rapporte RFI.

Mais à l'image de ses 29 ans de pouvoir, Biya n'a pas l'intention de s'impliquer davantage dans son pays et délègue à ses ministres. Le président demande:

«que chaque membre du Gouvernement établisse dans un délai d’un mois et demi la feuille de route de son département, mentionnant les objectifs, les échéances et les besoins éventuels en ressources humaines. Ces documents me seront transmis dans les quinze jours par le Premier ministre, avec un éventuel avis de sa part. Une fois validées par les services de la Présidence de la République, ces feuilles de route devront faire l’objet dans les six mois, par le département ministériel intéressé, d’un rapport d’étape faisant apparaître les avancées, les retards constatés et leurs raisons. Ces rapports me seront également transmis. Ces instructions devront être suivies à la lettre et les délais mentionnés considérés comme impératifs.»

Président du Cameroun depuis 1982, le «règne» de Paul Biya est sévèrement critiqué. On lui reproche notamment d’être très rarement dans son pays. Cette année, le «sphinx» aurait passé plus de cent jours hors du Cameroun. Le dirigeant affectionne particulièrement la Suisse, plus de la moitié de ses séjours ont lieu dans le pays helvétique.

Lors du dernier conseil des ministres, le chef d'Etat avait déjà émis le souhait d'apporter des améliorations à l'économie du Cameroun. Deux ans plus tard, rien n'a changé. Le nouveau septennat du président Biya devrait, une fois de plus, être placé sous le signe de l’immobilisme.

Lu sur La Nouvelle Expression, Le Jour, RFI

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