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Egypte - Un blogueur en prison entame son 114e jour de grève de la faim

La sentence des tribunaux militaires est sans appel, le blogueur Maikel Nabil écope finalement d’une peine de deux ans de prison, rapporte le quotidien égyptien Masry al-Yioum. Accusé d’avoir insulté l’armée, le jeune homme avait été arrêté en mars dernier au Caire et condamné par un tribunal militaire initialement à trois ans de prison. Le blogueur venait de publier un article critique à l'égard de l'armée égyptienne, «L’armée et le peuple n’ont jamais été une seule main». Dans ce long post, Maikel dénonce les actes de tortures pratiquées par l’armée. Selon lui, la démission d’Hosni Moubarak n’a rien changé car l’armée faisait déjà partie de l’ordre ancien combattu pendant les 18 jours qui ont conduit Hosni Moubarak à quitter le pouvoir. Maikel démontre que l'armée n’a jamais été du côté du peuple et que la conduite de l'armée a été trompeuse. L’armée a toujours cherché à préserver ses intérêts, selon le jeune blogueur.

Le 23 août dernier, quelques mois après son arrestation Maikel Nabil entame une grève de la faim. Il réalise le 15 décembre son 114e jour de grève.

A l’âge de 26 ans, Nabil Maikel refuse de se plier à l’ordre militaire et sa détention ne change en rien sa détermination à critiquer le pouvoir en place. Selon le quotidien égyptien, Maikel aurait refusé d’écrire un éloge de Mohammed Hussein Tantaoui, le chef du conseil suprême des forces armées, en échange de sa libération.

Depuis plusieurs mois, la condamnation de Maikel Nabil suscite de nombreuses campagnes de soutien internationales. Amnesty International avait appelé les autorités à le libérer sans délai. «Le procès de Maikel Nabil a été marqué par les vices de procédure et les retards indus ; avec cette nouvelle procédure, la cour d’appel le ramène à la case départ et joue avec sa vie de manière cruelle», avait déploré Amnesty International. Une page Facebook et Twitter sont également dédiées au jeune blogueur et nombre d’Egyptiens continuent à poster des messages de soutien.

«Il est profondément inquiétant que le traitement par l'Egypte des dissidents ne semble avoir que peu changé par rapport à la période du président (Hosni) Moubarak», avait ajouté en septembre dernier Amnesty International.

Lu sur Masry al-Yioum

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