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Les villes vertes africaines ne sont pas mûres

En marge du sommet de Durban sur le climat qui s’est achevé le 11 décembre, une nouvelle étude de l’Economist Intelligence Unit commandée par le groupe industriel allemand Siemens présente un classement des villes africaines les plus «vertes». Parmi les meilleurs élèves, trois grandes villes sud-africaines: Cape Town, Durban et Johannesburg; deux villes du Maghreb: Tunis et Casablanca au Maroc; et une seule ville d’Afrique subsaharienne: Accra au Ghana.  

Cette étude a examiné les performances de quinze villes en Afrique en termes de protection de l’environnement, selon une série de huit critères: l’énergie et le Co2, utilisation des sols, transports, déchets, eau, assainissement, qualité de l’air et politique environnementale.

Le rapport nuance les résultats de ce classement en précisant qu’«aucune de ces quinze villes n’atteignent la catégorie des villes vertes 'très au-dessus de la moyenne', ce qui montre que les meilleures performances du continent ont encore de la marge pour améliorer leur impact sur l’environnement».

Le classement des villes vertes pointe aussi du doigt les mauvais élèves, comme la capitale du Mozambique, Maputo, ou Dar es Salaam, en Tanzanie. Cette dernière aurait des problèmes sanitaires graves: «En l’absence de collectes fréquents des déchets, les habitants les brûlent simplement», alarme le rapport.

Selon un expert en développement durable urbain en Afrique, le professeur David Simon, les mesures «vertes» sont encore loin d’être la priorité des autorités, notamment en Afrique subsahrienne:

«L’une des raisons pour laquelle les problèmes environnementaux ne sont pas la priorité des élites politiques est que, par définition, le développement durable (…) nécessite des investissements maintenant, pour des résultats à observer sur le long-terme. (…) Si vous avez une queue près de vos bureaux avec des gens qui se battent pour obtenir des produits alimentaires de base, un toit et de l’eau, ce genre d’urgence passe avant les problèmes à long-terme», explique-t-il.

Lu sur How we made it in Africa, Rapport African Green City Index

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