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Burkina Faso - Le meurtre de Zongo toujours impuni

13 ans maintenant. Brassard noir, gerbes de fleurs, recueillement au cimetière, mais aussi discours et conférence-débats. L’anniversaire de la mort du journaliste burkinabé Norbert Zongo semble toujours être commémoré avec autant d’assiduité, mais aussi avec l’amertume d’un meurtre politique impuni. Treize ans après son assassinat, les plaies des meurtres politiques ne semblent pas avoir cicatrisées pour les Burkinabè, d'après le quotidien national l’Observateur Paalga.

Norbert Zongo était le directeur de l’hebdomadaire l’Indépendant. Il a été retrouvé calciné dans une voiture avec son frère Ernest Yembi Zongo, son ami Blaise Ilboudo et son chauffeur Ablassé Abdoulaye Nikiéma, le 13 décembre 1998, à Sapouy, dans le sud du pays. Le crime politique ne fait aucun doute pour personne dans cette affaire:

 «Au moment de son assassinat, rappelait Reporters Sans Frontières en 2010, le journaliste enquêtait sur la mort suspecte de David Ouédraogo, chauffeur de François Compaoré, frère du chef de l’Etat. Sous la pression de la rue, le président Blaise Compaoré a mis sur pied une Commission d’enquête indépendante (CEI)».

Des suspects ont bien été interrogés (six personnes provenant de la garde présidentielle), et trois militaires, dont Marcel Kafando, ont été inculpés d’«assassinat» et «incendie volontaire» en 2000. Mais ce dernier a bénéficié d’un non-lieu en 2006 pour cause de rétractation de témoin à charge. Le dossier a été fermé. Kafando est décédé en 2010. L’affaire passée à la trappe ne pourra être rouverte que si de nouveaux éléments apparaissent. Les Burkinabè qui vont se recueillir en ce 13 décembre, dans la capitale Ouagadougou, font tout pour relancer l’instruction de cette affaire pour faire cesser l’impunité des crimes politiques.

«Comment se fait-il que le dossier Norbert Zongo soit toujours au point mort? Les années passent mais la blessure née de cet assassinat reste toujours ouverte et la mobilisation populaire ne faiblit pas. Récemment réélu à la tête du Burkina Faso, le président Blaise Compaoré doit la vérité à son peuple», a déclaré Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières, lors du 12ème anniversaire de la mort de Zongo. Après un an de plus, les Burkinabè n'en attendent pas moins.

Lu sur L'Observateur, Reporters sans frontières

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