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Maroc: début du procès du leader de la contestation

Le procès très attendu du leader du mouvement de contestation né il y a un an dans le nord du Maroc, Nasser Zefzafi, a débuté mardi à Casablanca dans une salle bondée.

Pour sa première sortie en public depuis son arrestation le 30 mai, ce chômeur de 39 ans devenu le visage du mouvement social qui a agité le Rif est resté une simple silhouette dans le box en vitre opaque où s'entassaient une trentaine de prévenus.

Il encourt la peine capitale et les autres prévenus entre 5 et 20 ans de prison, selon des informations obtenues sur place.

Quelques uns des militants du Hirak -la "mouvance" en arabe, nom donné localement au mouvement de contestation né à Al-Hoceïma (nord) après la mort tragique d'un vendeur de poissons- ont commencé à défiler à la barre mardi matin dans une ambiance houleuse. C'est la cour d'appel de Casablanca qui est chargée de les juger en première instance.

La cour a rapidement suspendu la séance en demandant que l'ordre soit rétabli dans la salle, trop petite pour accueillir la cinquantaine d'avocats, les dizaines de proches des accusés et le public.

Nasser Zefzafi, un ex-videur et gérant d'une boutique de téléphone portable était devenu le porte-drapeau de la colère populaire dans le Rif avec ses diatribes enflammées contre "l'arbitraire du makhzen" (pouvoir).

Il avait été arrêté pour avoir interrompu, dans une mosquée d'Al-Hoceïma, le prêche d'un imam hostile au mouvement de contestation.

Par ailleurs, une vingtaine d'autres prévenus, parmi les contestataires arrêtés à Al-Hoceïma entre mai et juin et transférés à la prison de Casablanca, devaient eux comparaître mardi pour la quatrième fois devant la cour d'appel.

Ils sont poursuivis pour "atteinte à la sécurité intérieure de l'État", "tentatives de sabotage, de meurtre et de pillage" ou "conspiration contre la sécurité intérieure".

La cour de Casablanca doit aussi se pencher mardi sur le cas du journaliste et directeur du site d'information Badil, Hamid El Mahdaoui, jugé pour "manquements à son obligation de porter à la connaissance des autorités une tentative de nuire à la sécurité intérieure de l'Etat".

Aux abords du tribunal, une cinquantaine de militants des droits de l'Homme et de proches des accusés ont organisé un sit-in pour réclamer la libération des détenus, dénonçant des "arrestations arbitraires" et fustigeant un "Etat corrompu".

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