SlateAfrique

mis à jour le

L'Afrique à la conquête de la mode

Dans le cercle fermé de la mode, les créateurs africains comptent bien se faire une place. Au début du mois de novembre, Prague recevait la toute première Black Fashion Week de l'Histoire en Europe. Neuf créateurs africains et plus de vingt modèles d'origine africaine étaient réunis trois jours dans la capitale tchèque pour mettre à l'honneur la mode africaine. Pour Adama Paris, styliste sénégalaise et organisatrice de l'événement:

«Mon but est de changer le regard sur la mode africaine. Montrer qu'il y a des choses à faire et qu'il faut donner la chance aux mannequins africaines.»

Symbolisant cet esprit de conquête, un autre événement a suivi, cette fois-ci en Afrique.

Du 23 au 27 novembre 2011, c'est le Festival international de la mode africaine (FIMA) qui se tenait à Niamey, au Niger. L'enjeu: mettre en lumière les potentialités du continent africain en matière de mode.

Fondé en 1998 par le créateur nigérien Alphadi, le Festival international de la mode africaine, comme l'explique son fondateur, est un «moment propice aux rencontres porteuses de perspectives, aux échanges et aux émotions, il permet l’espace de quelques jours de goûter à la chaleur de l’Afrique, à sa convivialité, pour mieux découvrir ou redécouvrir sa mode et ses arts.»

Pour cette huitième édition, le FIMA a pour thème l'hommage au monde noir et à sa diaspora. Mais là n'est pas le seul but de cette manifestation culturelle. Depuis six ans, le festival organise un concours de jeunes talents, qui récompense par une bourse de 500 euros trois stylistes et deux mannequins.

Pour Alphadi, «le festival se veut un carrefour d'échanges d'expériences qui permettront aux entrepreneurs du milieu du textile et de la mode d'élargir leur horizon commercial.»

Ainsi, afin de valoriser ces créateurs africains, Alphadi a décidé de monter une école de mode à Niamey:

«La majorité des jeunes stylistes africains qui se lancent dans la mode aujourd’hui ne sont pas du tout encadrés, alors qu’ils devraient d’abord passer par la case apprentissage.»

C'est pourquoi la formation des jeunes modélistes était au cœur de l'édition 2011 du FIMA. Imane Ayissi, styliste et mannequin camerounais qui avait fait connaître sa marque dans le monde entier grâce à ce festival, était l'ambassadeur de cette huitième édition. Il explique au quotidien algérien El Watan qu'il sait combien la formation est essentielle «pour assurer une pérennité à la mode africaine».

«Ce que j’ai pu voir dans cette nouvelle édition du FIMA, c’est la volonté des jeunes stylistes de vouloir se détacher des influences extérieures, tout en restant dans l’air du temps», confie à El Watan Samantha Loockwood, initiatrice de plusieurs Fashion Weeks à travers le monde et consultante pour divers magazines.

De grands noms de la mode ont également participé à cette huitième édition, parmi lesquels Jean Paul Gaultier, afin de donner le plus d'écho possible à ce festival.

La Black Fashion Week quant à elle doit se tenir à Paris en janvier 2012, tout juste quelques jours après la semaine de la mode traditionnelle de la capitale française.

Lu sur El Watan, Afrik.com

A lire aussi

Guerre de «sape» entre Kinshasa et Brazzaville

Mike Sylla, styliste touche-à-tout

Nigeria - Opération Fashion Week à Lagos