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Libye - Les milices font la loi à Tripoli

Désarmer les milices libyennes s'avère le nouveau défi du gouvernement de transition libyen. Les huit mois de combats entre les rebelles et les combattants pro-Kafdhafi ont accéléré la prolifération d’armes lourdes et légères. Les rebelles libyens ont certes pris possession des armes du régime au cours de l’avancée du front, mais ils ont également été fournis en armes par les forces de la coalition.

Cette question du désarmement des milices libyennes, notamment dans la capitale Tripoli, apparaît comme l’une des priorités des nouvelles autorités, dont on attend qu’elles deviennent la seule force légale du pays. Mais cela est «beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît», a déclaré jeudi 8 décembre Abdel Rahim al-Kib, le Premier ministre libyen.

«Nous travaillons à démilitariser ces groupes, nous leur parlons et je pense que nous atteindrons nos objectifs d’un moment à l’autre», a-t-il ajouté, selon le site Algérie plus.

D’autant plus que cette prolifération des armes inquiète les Tripolitains eux-mêmes. Armés jusqu’aux dents, les ex-rebelles font la loi dans la capitale libyenne. En réponse à l'exaspération des résidents de la capitale, le gouvernement avait, le 6 décembre, donné un délai de deux semaines aux milices pour quitter la capitale et promis de désarmer la ville avant la fin de l'année.

Toutefois désarmer les rebelles prendra du temps. «Les armes resteront aux mains des combattants jusqu’à ce que l’armée prenne le relais», a déclaré le ministre de l’Intérieur libyen à la chaîne panarabe Al-Arabiyya.

Et d’ajouter que seul un plan global permettra le désarmement des rebelles. Une majorité des rebelles viendront prochainement rejoindre les rangs de la future armée libyenne, a précisé le ministre. 

Plus de trois mois après la prise de la capitale par les rebelles, le gouvernement intérimaire n'a toujours pas rétabli son autorité sur le terrain. Les milices jouent selon leur propre règle et n’hésitent pas à user de leurs armes à feu contre les autres tribus, également présentes dans la capitale. Les salves d'armes à feu sont quasi quotidiennes à Tripoli.

Lu sur Al-Arabiyya, Algérie Plus

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