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Le Bon, la Brute et le Truand: le classement des leaders africains

Alors que l'Afrique est considérée comme le continent le plus prometteur en matière économique, elle doit encore régler un de ses plus gros problème: le leadership politique. C'est le constat de The EastAfrican dans un article intitulé «The African President Index: the good, the bad and the ugly» [PDF].

Pour mettre en lumière la manière dont chacun des 52 chefs d'Etat africains conçoit son office, cet hebdomadaire réalisé à Nairobi a établi un classement en se fondant sur plusieurs critères donnés par des associations:

- le prix de la fondation Mo Ibrahim, qui offre chaque année une récompense de 5 millions de dollar au leader africain qui promeut la démocratie;

- la liberté de la presse;

- le niveau de corruption, établi par l'ONG Transparency International;

- l'indice de développement humain.

The EastAfrican a également développé son propre indice, le Nation Media Group (NMG) qui note la politique de chaque leader de A à F.

Sans surprise, le premier de la classe est Navin Ramgoolam avec A+. Il est le Premier ministre de Maurice depuis 2005, et leader du Parti Travailliste mauricien. Depuis 2007, que le prix Mo Ibrahim existe, Maurice a toujours été en tête de liste. C'est l'un des seuls pays dit «développé» en Afrique.

Le bonnet d'âne revient au président de l'Erythrée, Issaias Afeworki. Il est le premier président de la plus jeune république d'Afrique, devenue indépendante de l'Ethiopie en 1993. Il est désigné comme un «prédateur» par Reporters Sans Frontières, qui classe également le pays à la dernière position (175e) en matière de liberté de la presse:

«Les libertés fondamentales ont été officiellement "suspendues" en 2001, après la décision de dissidents du parti de faire pression pour plus de démocratie. Tout signe de l'opposition est considérée comme une menace pour la "sécurité nationale".»

Entre ces deux extrémités on trouve, en haut du tableau:

  1. Pedro Pires, président de la République du Cap Vert depuis 2001. Les Nations Unies ont salué les efforts faits en 2010 dans les domaines de l'éducation, de la santé et de la lutte contre la pauvreté.

  2. Seretsa Ian Khama, président du Bostwana depuis 2008.

  3. John Evans Mills, président du Ghana depuis 2009.

La seule femme à la tête d'un Etat en Afrique, Ellen Johnson Sirleaf, présidente du Libéria depuis 2006, est classée à la 11e place. Le rapport indique qu'elle fait également partie des dix femmes les plus influentes du monde, selon Time Magazine.

Enfin dans la catégorie intitulée «morgue», tout en bas du tableau:

  1. Robert Mugabe, président du Zimbabwe, au pouvoir depuis 1987. Le pays détient le pire score en matière de développement humain.

  2. Sheikh Sharif Ahmed, de Somalie depuis janvier 2009. La Somalie est, avec l'Afghanistan, le pays le plus pauvre et le plus dangereux du monde selon les Nations Unies.

  3. Idriss Deby Itno, président du Tchad depuis 1990.

  4. Teodoro Obiang, président de Guinée Equatoriale depuis 1979, et qui détient le record de longévité à la tête d'un Etat —avec Robert Mugabe, président du Zimbabwe.

  5. Omar el-Béchir, président du Soudan depuis 1993. Il est sous le coup de deux mandats d'arrêt de la Cour Pénale International pour génocide et crimes contre l'humanité concernant les conflits dans la région du Darfour.