SlateAfrique

mis à jour le

Pourquoi l'ONU «s'attaque» à l'Erythrée

Le 5 décembre, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté une résolution renforçant les sanctions déjà prises à l’encontre de l’Erythrée, des sanctions qui nourissent de grands espoirs dans la région, comme le rapporte Voice of America. Le pays est suspecté par les Etats frontaliers de soutenir les activités terroristes dans la Corne de l’Afrique.

Le Gabon et le Nigéria, auteurs de la résolution, ont demandé à inclure une interdiction des investissements dans les industries minières de l'Erythrée et des taxes gouvernementales sur les virements effectués par les travailleurs érythréens à l'étranger.

En agissant ainsi, le Conseil de Sécurité a augmenté le nombre d’individus et d’entités pouvant être sujet à une interdiction de voyager ou un gel des avoirs. Le président érythréen Issaias Afeworki comptait se rendre à la réunion du Conseil, mais selon l’ambassadeur érythréen à l’ONU, il n’a pas obtenu de visa américain à temps, explique l'AFP.

Le Conseil «exige de l'Erythrée qu'elle cesse de chercher, directement ou indirectement, à déstabiliser des Etats, notamment en fournissant à des groupes armés un soutien financier, militaire ou en matière de renseignement, ou une assistance autre que militaire».

L’Ethiopie, la Somalie, le Kenya et Djibouti ont appelé le Conseil de sécurité à adopter la résolution, accusant l’Erythrée d’appuyer le terrorisme. La résolution condamne un complot présumé fomenté par l’Erythrée. L’Etat est suspecté d’avoir préparé en vain un attentat à la bombe lors du sommet de l'Union africaine à Addis Abeba en janvier dernier.

Plusieurs responsables politiques ont tenu à condamner l’attitude de l’Erythrée. Parmi eux, on trouve Sharif Sheikh Ahmed, le chef d’Etat somalien, qui s’est exprimé en vidéo-conférence:

«Les shebab (jeunes) et le réseau al-Qaïda reçoivent un soutien logistique et financier de l'Erythrée, ce soutien leur vient par la mer, la terre et l'air».

Les shebab sont des islamistes somaliens responsables de plusieurs attentats dans la région.

Le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, partage l’avis du président de la Somalie:

«Nous demandons au Conseil de sécurité de nous aider à mettre fin à cette situation de non-droit. La Corne de l'Afrique est une région très fragile.»

Les deux responsables politiques sont rejoints par Ismael Omar Guelleh, président de Djibouti, et Moses Wetangula, ministre des Affaires étrangères kényan.

L’Erythrée est de plus en plus isolée dans la région. En 1993, il se sépare de l'Ethiopie. Entre 1998 et 2000 les deux pays sont en guerre. Les rapports sont également compliqués avec le Yémen et Djibouti, un conflit territorial les oppose.

Lu sur Voice of America

A lire aussi

Somalie: les islamistes ont-ils un avenir?

Somalie: le spectre de la «guerre des bandits»