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Centrafrique: "flambée terrifiante" de violences envers des civils

"Viols, tueries, destructions": la population de la province de la Basse-Kotto dans le centre de la Centrafrique subit "une flambée terrifiante" de violences, dénonce l'ONG Amnesty International dans un rapport publié vendredi.

Dans cette province, "des femmes sont violées, des hommes sont tués, des villages sont détruits et la force de maintien de la paix des Nations unies s'avère incapable d'enrayer ces violences", affirme dans un communiqué Joanne Mariner, conseillère principale sur la réaction aux crises à Amnesty International.

L'ONG pointe du doigt le groupe armé Union pour la paix en Centrafrique (UPC) du chef de guerre Ali Darass, proche des nomades peuls et établi dans la région d'Alindao, sous-préfecture de la Basse-Kotto, à environ 300 km de Bangui à vol d'oiseau.

Amnesty a recueilli une trentaine de témoignages au cours d'une mission de deux semaines en août sur le terrain, dont celui d'Annie, 36 ans.

"Après avoir violé mon mari, (un combattant de l'UPC) lui a tiré dans la tête", a-t-elle déclaré à Amnesty, ajoutant avoir été également violée devant ses cinq enfants.

L'ONG souligne que vingt femmes sur les vingt-cinq interrogées ont affirmé avoir été violées.

"Après que trois d'entre eux m'ont violée, j'ai perdu connaissance. Quand je suis revenue à moi, j'étais attachée à un arbre, a déclaré à l'ONG une autre femme de 28 ans, sous couvert d'anonymat. "Ma mère, a-t-elle dit, m'a détachée et nous nous sommes enfuies".

En outre, Amnesty a déploré que les Casques bleus de la Mission de l'ONU (Minusca) n'aient "pas empêché les violences contre des civils".

Contacté par l'AFP, le porte-parole de la Minusca, Vladimir Monteiro a déclaré que "des équipes ont été déployées pour documenter les violations". Une base temporaire a été installée dans la ville pour "assurer protection aux déplacés et faciliter le travail des humanitaires", a-t-il ajouté.

Fin juillet, une dizaine de personnes avaient été tuées dans un village à 7 km d'Alindao. En mai, des heurts avaient fait plusieurs dizaines de morts dans la même ville.

La Centrafrique subit depuis plusieurs mois une recrudescence d'affrontements entre groupes armés, avec pour enjeu le contrôle des ressources naturelles et des zones d'influence.

L'ex-colonie française de 4,5 millions d'habitants a basculé dans la guerre civile en 2013 après le renversement du président François Bozizé par les groupes armés de la Séléka ("coalition" en langue nationale sango), affirmant défendre les quelque 20% de musulmans de Centrafrique, entraînant une contre-offensive des milices anti-balaka ("anti-machettes") majoritairement chrétiennes.

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