SlateAfrique

mis à jour le

Ces Comoriennes en quête de l'Eldorado à Mayotte

Immigrés clandestins sous la lumière verte d’un appareil photo infrarouge, entassés dans l’embarcation des gardes-côtes, image de la côte de Mayotte à l’horizon, puis, direction Mamoudzou, la ville préfecture du département français, ou plutôt les bidonvilles de sa banlieue, à Kaweni. Dans des barques, souvent interceptées par les autorités, de nombreuses femmes espèrent rejoindre Mayotte pour offrir un avenir meilleur à leurs enfants.

L’île de Mayotte est un eldorado pour ces femmes. Surtout depuis qu’elle est devenue un département français, le 31 mars 2011, à l’issue d’un référendum. L'archipel des Comores est divisé en deux, entre d'une part l'Union des Comores et d'autre part Mayotte. Les salaires y sont 9 fois plus élevés que dans les trois autres îles voisines de l’archipel. Beaucoup de femmes désirent que leurs enfants y naissent. D'ailleurs, leurs bébés représentent la moitié des accouchements de l’hôpital de Mamoudzou, que l'ont peut entrevoir dans le portfolio. Avec 7.800 naissances par an, Mayotte a l’un des taux de natalité le plus fort de l’Union Européenne.

L’hebdomadaire italien Internazionale, propose le port-folio «Pour l’amour de leurs fils», des clichés de ces hommes, et surtout de ces femmes, qui, comme des milliers de Comoriens chaque année, rejoignent l’ile voisine de Mayotte. A bord de petites embarcations de bois, les Kwassa Kwassa, ils se lancent dans une traversée de 70 kilomètres par le canal du Mozambique, en tentant d’éviter les garde-côtes.

Près 20.000 de ces immigrés en situation irrégulière sont rapatriés au sein de l'Union des Comores tous les ans. Mais plus d’un tiers d’entre eux retentent leur chance, malgré le danger de ce périple au cours duquel périssent plus de deux cent personnes par an, d'après l’ONU. A 35 ans, D., que l’on voit avec son jeune fils dans l’une des baraques des bidonvilles de Kaweni, s'est faite expulsée trois fois, depuis son arrivée à Mayotte à l’âge de 18 ans. Mais elle est toujours revenue.

Les 600.000 habitants de l'Union des Comores doivent faire face à des conditions de vie de plus en plus difficiles dans ce pays pauvre placé au 140e rang mondial de l’indice de développement humain (IDH), selon l'ONU.

Lu sur Internazionale

A lire aussi

Immigration: le grand mensonge européen

Seule face à l'immigration, l'Italie en a plein la botte

J'aime la France et je ne l'a quitterai pas