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Fraîchement élus, les parlementaires kényans veulent une augmentation

Le président kényan Uhuru Kenyatta a demandé jeudi aux députés, parmi les mieux payés d'Afrique, d'abandonner leur tentative "honteuse" d'augmenter leurs salaires, deux semaines après les élections générales qui ont renouvelé le Parlement. 

En juillet, la commission des salaires et des rémunérations avait déclaré une baisse de salaire chez les hauts fonctionnaires, depuis le président Kenyatta jusqu'aux dirigeants des comtés, afin de réduire de 35% la masse salariale publique, qui représente un peu plus de la moitié du PIB. 

Les parlementaires gagnaient un salaire mensuel de 710.000 shillings kényans (5.800 euros), auquel s'ajoutait entre autres une "prime de présence" de près de 40 euros à chaque fois qu'ils siégeaient. 

Toutefois, selon les nouvelles grilles de salaire, les députés ne gagneront plus que 5.080 euros. Et certains sont plus que mécontents. "Il y a un objectif clair, dénigrer les députés et les réduire à l'état de mendiants", a déclaré la députée de la baie de Homa (ouest), Gladys Wang. 

Une autre députée, Gathoni Wa Muchomba, représentante du comté de Kiambu (centre), qui avait demandé sur le réseau social Twitter "à être bien payée", arguant que "demander une augmentation de salaire n'était pas un crime", a dû faire marche arrière jeudi après que des habitants de sa région eurent lancé une pétition pour empêcher son investiture. 

"Ce que j'ai dit hier n'était probablement pas en adéquation avec ce que mes constituants attendaient", a-t-elle reconnu à la télévision locale Citizen TV. 

"Je suis profondément perturbé par les déclarations d'individus qui prétendent devoir être payés davantage que ce que la loi prévoit avant même d'entrer en fonctions", a réagi le président Uhuru Kenyatta, qui a promis qu'il ne promulguerait aucune loi sur une augmentation de salaire.

La coalition d'opposition Nasa, du principal rival du président Kenyatta lors des dernières élections, l'opposant historique Raila Odinga, a assuré ne pas soutenir les exigences d'augmentation de certains députés. 

Ce n'est pas la première fois que les députés kényans irritent les populations avec leurs exigences salariales. Après les élections de 2013, leur premier acte avait été d'augmenter leurs salaires, ce qui avait poussé les populations à descendre dans les rues contre ceux qu'ils appelaient les "MPigs", mot formé à partir de MPs -abréviation de Members of Parliament (députés) - et de Pig (cochon).

AFP

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