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Nigeria: retour du président Buhari après trois mois d'absence

Le président nigérian Muhammadu Buhari est rentré samedi au Nigeria après avoir passé trois mois à Londres pour un traitement médical dont la nature est restée secrète.

L'avion du chef de l'Etat nigérian a atterri à 16H35 (15h35 GMT) à l'aéroport international d'Abuja, a constaté un journaliste de l'AFP. 

L'ancien général âgé de 74 ans portant un caftan noir et une coiffure assortie est sorti de l'appareil sans l'aide de ses proches et a été accueilli par le vice-président Yemi Osinbajo, des ministres, responsables de la sécurité et gouverneurs d'Etats du pays le plus peuplé d'Afrique.

Il a salué la garde d'honneur avant d'être conduit à sa résidence dans la capitale fédérale parmi une foule de partisans venus l'attendre à l'aéroport et le long des routes.

"Le président Buhari parlera aux Nigérians dans une allocution radio-télévisée lundi à 7H00 du matin" (06H00 GMT), avait auparavant dit un communiqué de la présidence annonçant son retour. Le dirigeant remerciera les Nigérians pour leur soutien durant sa convalescence dans ce discours à la Nation, selon le texte.

M. Buhari avait quitté le Nigeria le 7 mai pour Londres où il avait déjà passé deux mois en début d'année pour des raisons médicales. La nature du traitement n'a jamais été précisée de source officielle. 

En mars, à son retour de son premier séjour à Londres, il avait confié n'avoir "jamais été aussi malade" et avait délaissé les responsabilités officielles, confiées au vice-président Osinbajo.  

Le premier séjour médical au Royaume-Uni du président Buhari remonte à juin 2016 - un an après sa prise de fonction - et la présidence avait alors indiqué qu'il souffrait d'une infection de l'oreille persistante. 

L'absence d'indication officielle sur la nature de la maladie du président a entretenu les rumeurs dans un pays encore marqué par la mort du président Umaru Musa Yar'Adua en 2010, après des mois de traitement médical secret à l'étranger. 

- Autorité et légitimité retrouvées -

Fin juillet, une photo du président Buhari avait été postée sur le compte Twitter officiel de la présidence. Cette photo montrait le président souriant et attablé à Londres avec un groupe de personnes. Selon la présidence, il avait reçu une délégation de "gouverneurs et dirigeants" de son parti All Progressives Congress (APC).

Cela n'avait pas suffi à apaiser les doutes de certains de ses compatriotes: depuis le 7 août, quelques dizaines de manifestants se réunissaient dans un parc à Abuja pour demander son retour ou sa démission.

Mardi, ils ont décidé d'aller encore plus loin... jusqu'au grand marché de Wuse, fréquenté essentiellement par des Haoussas musulmans du Nord, comme M. Buhari. La provocation d'une vedette igbo du Sud, Charles Oputa, figure punk contestataire au Nigeria et un des organisateurs de ces manifestations, n'a guère été appréciée, déclenchant le chaos: "Charly Boy" est reparti en courant, sous les jets de pierre, abandonnant sa décapotable BMW au sort de la foule. 

Un autre instigateur de cette mini-fronde, Deji Adeyanju, a affirmé samedi à l'AFP être heureux du retour du chef de l'Etat dans son pays. "Cela signifie que notre objectif a été atteint", s'est-il réjoui, "nous avons organisé ces manifestations pour qu'il revienne terminer le mandat pour lequel il a été élu en 2015". 

"Nous continuerons à garder un ½il sur le gouvernement" afin de nous "assurer qu'il mettra en place des politiques adéquates pour faire face aux problèmes de la population", a-t-il averti, évoquant l'insécurité grandissante, les enlèvements, les affrontements meurtriers entre éleveurs ou encore le groupe jihadiste Boko Haram, mais aussi la corruption. 

Pour le professeur de sciences politiques à l'Université de Lagos Thomas Dapo, grâce au retour du président, "chaque décision, chaque projet portera désormais le sceau de la légitimité et de l'autorité". 

Il estime que la lutte anti-corruption passera également à la vitesse supérieure. "L'argument de vente de Buhari, c'est son intégrité. Il met un point d'orgue à éradiquer la corruption au Nigeria".  

Muhammadu Buhari, un ancien général putschiste, a été élu en mars 2015 à la tête du Nigeria après une campagne électorale axée sur la lutte contre la corruption endémique dans le géant ouest-africain riche en hydrocarbures.

AFP

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