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Comité de soutien pour Ahmed Abba, journaliste au Cameroun emprisonné

Un comité de soutien regroupant des artistes, des personnalités et des journalistes a demandé mercredi la libération du correspondant de RFI au Cameroun, Ahmed Abba, condamné à dix ans de prison pour "blanchiment d'actes de terrorisme".

Le comité a fait cette demande à la veille de la première audience du procès en appel, qui a finalement été reporté.

Alors que la première audience du procès en appel devait se tenir jeudi 17 août, celle-ci a été reportée, "car le nom a été retiré du rôle" (la liste des affaires à l'ordre du jour), a appris RFI.

"Je ne sais pas très bien pour quelle raison" le nom a été retiré, affirme sur RFI l'un des avocats, maître Clément Joël Nakong qui souhaite qu'une nouvelle date d'audience soit fixée le plus rapidement.

Le comité de soutien veut "amener les autorités camerounaises à rendre au journaliste la liberté dont il n'aurait jamais dû être privée", écrit dans un communiqué l'organisation Reporters sans frontières (RSF) qui coordonne le comité de soutien depuis Paris.

Au sein de ce comité de soutien figurent les stars de la musique africaine Tiken Jah Fakoly, Angélique Kidjo et Asalfo de Magic System, ainsi que des personnalités des médias (Hervé Bourges, ancien directeur général de Radio France Internationale (RFI)), des ONG (dont Amnesty international), des syndicats et des sociétés de journalistes de plusieurs médias dont certains - comme RFI - très présents en Afrique (TV5 Monde, France 24, l'AFP...).

Correspondant de RFI dans le nord du Cameroun - région où sévit le groupe jihadiste nigérian Boko Haram -, Ahmed Abba a été arrêté le 30 juillet 2015 à Maroua, dans l'extrême-nord du pays.

Le journaliste de RFI était soupçonné par les autorités camerounaises d'avoir collaboré avec Boko Haram et de ne pas avoir partagé les informations qu'il détenait.

Il a été condamné le 24 avril dernier à 10 ans de prison ferme assortis d'une amende d'environ 85.000 euros par le tribunal militaire de Yaoundé pour "non dénonciation d'actes de terrorisme et blanchiment d'actes de terrorisme". 

"Ahmed Abba a toujours clamé son innocence, faisant valoir qu'il n'avait fait que son travail de journaliste", rappelle RSF, qui a placé le Cameroun à la 130e place sur 180 concernant les pays respectant la liberté de la presse.

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