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Hichilema, obstiné chef de l'opposition zambienne

Le chef de l'opposition zambienne Hakainde Hichilema, remis en liberté mercredi après quatre mois d'incarcération pour trahison, est un vieux routier de la scène politique locale qui a brigué cinq fois la présidence du pays, sans succès.

Battu d'un souffle lors de sa dernière tentative il y a un an, ce dirigeant d'entreprises de 55 ans refuse depuis obstinément de reconnaître la victoire du chef de l'Etat Edgar Lungu.

Même si la justice a balayé ses arguments, le patron du Parti uni pour le développement national (UPND) accuse son rival de fraudes électorales et d'avoir perturbé sa campagne en ordonnant des violences contre ses partisans.

Excellent orateur, Hakainde Hichilema attire de larges foules lors de ses discours publics et entretient son image de chef auprès de l'opinion par une présence très active sur les réseaux sociaux.

Le procès en légitimité intenté à Edgar Lungu en a fait une cible privilégiée du régime, qui n'a pas hésité à le faire arrêter en avril à son domicile pour avoir tenté de perturber le passage d'un convoi présidentiel. A priori banale, cette manifestation lui a valu une inculpation pour trahison passible de la peine de mort.

Ces poursuites, qui ont suscité de vives critiques et suscité de vives tensions politiques dans tout le pays, ont finalement été abandonnées mercredi par le parquet.

- Self made man -

Hakainde Hichilema est né dans une famille pauvre de la région de Monze, dans le sud de la Zambie.

Très fier de sa réussite, il dit lui-même que "son courage et sa détermination" lui ont valu une bourse à l'université de Zambie où il a décroché en 1986 un diplôme d'économie et de gestion, complété d'un autre décerné par l'université de Birmingham.

Le jeune homme se lance alors dans l'immobilier pour devenir, au fil des ans, un des hommes d'affaires les plus riches du pays avec des intérêts dans des secteurs aussi variés que la finance, l'élevage, l'immobilier, la santé ou le tourisme.

A seulement 32 ans, il devient le PDG de la filiale zambienne du cabinet comptable et d'expertises international Coopers and Lybrand, pour lequel il siège alors dans de multiples et prestigieux conseils d'administration.

Malgré ses échecs répétés dans la course à la magistrature suprême, Hakainde Hichilema ne désespère pas d'arriver un jour aux commandes de la Zambie, avec l'ambition d'y attirer les investisseurs étrangers et réduire la pauvreté.

Sur son site internet, il est décrit comme un "chrétien et un philanthrope" qui finance des cliniques, des écoles ou des puits.

Avant sa remise en liberté mercredi, l'opposant a "célébré" son centième jour en prison en affirmant dans une déclaration n'éprouver "aucune haine pour qui que ce soit parce que nous croyons que tout ce qui nous arrive dans la vue a un but".

Marié et père d'un fille et deux garçons, Hakainde Hichilema a décrit ses conditions d'incarcération comme "atroces" et "inhumaines".

Il y a quatre mois, Amnesty International avait dénoncé son arrestation et celle de cinq autres de ses proches comme une "persécution" du régime Lungu.

AFP

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