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Kenya: deux manifestants tués par la police

La police kényane a abattu mercredi deux manifestants dans le bidonville de Mathare à Nairobi, où des échauffourées ont éclaté après que l'opposition a accusé le pouvoir d'avoir truqué les élections générales de mardi, a-t-on appris de sources policières.

"Ils faisaient partie d'un groupe qui manifestait dans ce secteur et les policiers ont été envoyés sur place pour rétablir l'ordre. On nous rapporte que plusieurs d'entre eux étaient aussi des voleurs qui profitaient de la situation (...) Deux d'entre eux ont été tués", a déclaré le responsable, qui a requis l'anonymat. 

Un autre responsable policier, également sous couvert de l'anonymat, a confirmé cette information. "Nous avons une autre victime à Mathare, après qu'une personne eut été abattue un peu plus tôt. Il y a maintenant deux (personnes) qui ont été tuées durant cette confrontation cet après-midi".

Un peu plus tard, le chef de la police de Nairobi Japheth Koome a confirmé les deux morts, donnant une version quelque peu différente des événements: "les deux personnes ont essayé d'attaquer nos policiers avec des machettes et c'est à ce moment-là que les policiers ont ouvert le feu".

Un photographe de l'AFP a vu le cadavre de l'une des deux victimes, touchée par balle à la tête, et non loin de là un grand couteau ensanglanté. Plusieurs témoins interrogés sur place ont confirmé que le jeune homme avait été abattu par la police.

Un véhicule de la police est venu sur place pour récupérer le cadavre, provoquant des réactions de colère de la foule. La police a alors fait usage de gaz lacrymogènes et un commandant de police a tiré en l'air avec son pistolet, selon le photographe de l'AFP.

Une femme, que des badauds ont identifié comme la mère de la victime, a vainement tenté d'empêcher les policiers d'emporter la dépouille.

Cet incident est le plus grave d'une journée marquée par des échauffourées ponctuelles dans plusieurs des fiefs du candidat de l'opposition à la présidentielle Raila Odinga, notamment à Kisumu dans l'ouest.

Dans un communiqué, Amnesty International a appelé les forces de sécurité à faire preuve de retenue: "Un usage excessif et disproportionné de la force constituerait une violation des lois kényane et internationale".

Les résultats provisoires diffusés par la commission électorale sur son site internet donnent une très large avance au sortant Uhuru Kenyatta. Mais M. Odinga a d'ores et déjà catégoriquement rejeté ces résultats, dénonçant "une fraude d'une gravité monumentale".

AFP

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