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Le quartier d'affaires de Nairobi, le 30 septembre 2014. SIMON MAINA / AFP
Le quartier d'affaires de Nairobi, le 30 septembre 2014. SIMON MAINA / AFP

Qui sont les «repats», les Africains qui reviennent travailler sur le continent?

De plus en plus d'Africains reviennent sur la terre de leurs ancêtres grâce aux nouvelles opportunités qui s'offrent à eux.

C'est l'un des fléaux qui touchent l'Afrique. En plus de manquer de travailleurs très qualifiés dans certains domaines clés de l'économie –les nouvelles technologies, le secteur minier...–, le continent voit un grand nombre des diplômés de ses universités ou grandes écoles s'envoler vers l'Europe, l'Asie ou l'Amérique du Nord à la fin de leurs études. Un phénomène d'expatriation qui nuit au développement des pays africains. 

Mais avec le boom qui touche certaines mégalopoles africaines, un lent reflux semble être à l'oeuvre. Des expatriés répondent de plus en plus nombreux à l'appel de leur terre d'origine qui leur offre aujourd'hui plus de possibilités de carrière. Un ingénieur nigérian ou kényan dans les nouvelles technologies en Californie pourra ainsi espérer trouver un poste à haute responsabilité dans son secteur à Lagos ou Nairobi. Un banquier algérien en poste à Lyon verra lui des opportunités d'ouvrir un cabinet de conseil en Algérie ou l'économie se libéralise doucement. 

Le journal britannique The Guardian raconte par exemple comment des milliers de jeunes éthiopiens éduqués et installés avec leur famille à l'étranger reviennent au pays où le taux de croissance flirte avec les 10% depuis plusieurs années. «Un des plus longs booms économiques de ces dernières années dans le monde à transformer la vie de dizaines de millions de personnes et ouvert des opportunités commerciales qui étaient inimaginables il y a encore une génération», note le quotidien britannique. 

La volonté de changer les choses en Afrique

Le magazine Inspira Afrika en partenariat avec Avako Group et Africa France s'est penché sur le profil des repats francophones pour mieux connaître leurs motivations à travers une large enquête. Ce qu'il en ressort? Près de 38% des repats sont des cadres supérieurs. Ils travaillent dans les banques et la finance (19%), le marketing et le communication (21%) et les télécoms (13%). 

La principale raison de leur retour est «la volonté d'avoir un impact sur le continent» pour 63% d'entre eux. Ils sont aussi 49% à avoir eu une opportunité professionnelle intéressante et 22% à avoir senti la pression de la famille pour revenir sur le continent. Mais, 58% des repats n'en sont pas vraiment puisqu'ils sont autant à revenir dans un autre pays que le leur. Enfin, le mot «repat» devrait être conjugué au féminin puisque ce sont d'abord les femmes, à 58%, qui reviennent sur la terre de leurs ancêtres. 

Camille Belsoeur

Journaliste à Slate Afrique. 

Ses derniers articles: Le roi du Maroc accusé d'avoir ignoré des preuves de violences policières dans le Rif  Un fossile de dinosaure marocain découvert... sur Facebook  L'élection présidentielle annulée au Kenya, une avancée pour le continent 

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