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Des soins pour les «rats» pro-Kadhafi de la nouvelle Libye

Que sont devenus les milliers de combattants vaincus, partisans de Mouammar Kadhafi? Au sixième étage, d’un hôpital de Tripoli, nombre d’entre-eux, blessés au cours des combats, sont soignés et gardés par les rebelles, sortis victorieux du bras de fer avec le régime du défunt colonel Kadhafi, rapporte le Washington Post.

Ces hommes qui ont combattu dans les rangs du guide libyen devraient pouvoir rejoindre leur famille. Principalement ceux accusés de crimes commis avant la révolution. La gratuité des soins et cette perspective de retour à la maison pourrait faire changer les avis des pro-Kadhafi à l’égard des rebelles révolutionnaires que leur Maître comparait à des rats, rapporte le Washington Post.

Ali Abdullah al-Ati, un soldat, âgé de 28 ans et originaire des montagnes, ne blâme pas Mouammar Kadhafi et sa justice impitoyable qui le conduit en prison pour environ la moitié de sa vie. Il accuse les révolutionnaires qui ont l'intention de l'emmener en Tunisie pour un remplacement d'os que les médecins libyens ne peuvent effectuer.

«Toute ma tribu est pro-Kadhafi», confie Ali Abdullah al-Ati. «Quand les rebelles sont entrés dans notre village, nous avons combattu dans la rue», raconte le jeune soldat.

Blessé à la jambe lors des combats, Ali Abdullah al-Ati a été capturé par les révolutionnaires et transféré à l’hôpital. Qui dit soin, ne dit pas forcément dignité et respect. C’est en tout cas le sentiment d’Ali, qui est souvent la cible de commentaire incisif de la part des révolutionnaires.

Par ailleurs, sans jambe, le jeune homme peine à imaginer son avenir.

«Je suis d’accord, Kadhafi n’était pas très bon, mais je n’avais pas de problème avec lui», ajoute Ali Abdullah Al-Ati. «Nous aspirons seulement à la paix et la sécurité, avec ou sans Kadhafi(…) Sauf que maintenant, si je sors d’ici, les gens me regarderont comme un rat», affirme le soldat.

Plus d’un mois après la mort de Mouammar Kadhafi le 20 octobre dernier, se pose véritablement la question de l’unification d’un pays, en reconstruction politique et culturelle.

Lu sur The Washington Post

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