Gbagbo devant la CPI, un aveu de faiblesse de Ouattara

Selon le spécialiste de l'Afrique Antoine Glaser (ex-directeur de La lettre du continent), la décision de juger Laurent Gbagbo devant la Cour de La Haye relève plus d'un choix politique que judiciaire. Simone Gbagbo serait elle-même sur la sellette.

Laurent Gbagbo, le 11 avril 2011 à Abidjan, lors de son arrestation. REUTERS

Mise à jour du 7 mars: Laurent Gbagbo est satisfait des conditions de vie dans le centre pénitentiaire de Scheveningen à La Haye. L’ex-président se dit convenablement nourri et hébergé dans une cellule individuelle. Il bénéficie de soins médicaux et peut chaque jour se promener dans la cour de la prison ou aller à la salle de sports. De plus, il reçoit des visites.

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Slate Afrique - Comment expliquer le transfèrement de Laurent Gbagbo Ã  la Haye?

Antoine Glaser - A quelques jours des élections législatives dans ce pays (11 décembre), c'est un choix plus politique que judiciaire. Le président Alassane Dramane Ouattara "ADO" doit estimer que la réconciliation nationale est loin d'être engagée. Son pouvoir sur l'ensemble du pays reste fragile. ADO devait craindre une forte mobilisation des partisans de Laurent Gbagbo le jour d'un éventuel procès en Côte d'Ivoire. Il ne faut pas oublier que si Gbagbo n'a pas été élu, il a tout de même obtenu 45,9% des voix sur l'ensemble du pays et plus de 55% dans la capitale économique. C'est, quelque part, un aveu de faiblesse politique du nouveau pouvoir de l'envoyer à la CPI. Le Conseil national de transition (CNT) libyen semble avoir fait le choix inverse en préférant juger, à Tripoli, Seif El Islam (l'un des fils du colonel Kadhafi) également poursuivi devant la CPI. Ce sont donc bien des stratégies politiques locales qui déterminent ces choix.

Slate Afrique - Est-ce une décision qui surprend les Ivoiriens et la communauté internationale?

A.G. - Si la décision de faire appel à la Cour pénale internationale (CPI) n'est pas vraiment une surprise —elle avait été annoncée par le président Ouattara— l'opération elle-même a été gérée dans le secret, en dehors de la Côte d'Ivoire, par un très petit nombre de gens. Ce sont deux avocats français, Jean-Paul Benoît —un ami de longue date d'Alassane Ouattara— et Jean-Pierre Mignard —déjà avocat conseil d'autres Etats africains (Tchad, Bénin, Cameroun)— qui ont préparé les conditions juridiques d'«exfiltration» de Laurent Gbagbo avec le cabinet du procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo.

SlateAfrique - Des proches de Gbagbo risquent-ils de connaître le même sort?

A.G. - D'après La Lettre du Continent, la CPI enquêterait, parmi les proches de Laurent Gbagbo, plus particulièrement sur Simone Gbagbo (ex-première dame), Charles Blé Goudé (leader, en exil, des Jeunes patriotes), le général Bruno Blé Goudé, ancien patron de la Garde républicaine ainsi que Faussignaux Vagba (ex-commandant des forces de la marine). Il serait reproché à ces deux derniers d'avoir continué à résister, même après l'arrestation de Laurent Gbagbo.  

Slate Afrique - La CPI va-t-elle aussi juger des partisans de Ouattara?

A.G. - C'est la question la plus sensible pour Alassane Dramane Ouattara. Dans un premier temps, le nouveau pouvoir a limité l'enquête de la CPI à la période postélectorale s'échelonnant entre décembre 2010 et avril 2011. Les partisans de Laurent Gbagbo ont demandé que l'enquête remonte à 2002 pour prendre en compte les exactions commises dans les fiefs de l'ex-rébellion du nord du pays. Mais même dans la période actuellement considérée, il y a bien eu —selon les organisations des droits de l'homme— des crimes de guerre commis par des commandants de zone alors sous la responsabilité de l'actuel Premier ministre, Guillaume Soro. La CPI affirme qu'elle ne s'interdira rien…

SlateAfrique - Peut-elle se permettre de ne juger que des proches de Gbagbo?

A.G. - Pas vraiment. D'autant qu'Alassane Ouattara a justifié le transfèrement de Laurent Gbagbo à La Haye pour qu'on ne «l'accuse pas de mettre en Å“uvre une justice des vainqueurs. Il n'y a pas mieux que la justice internationale impartiale» a-t-il précisé dans sa première déclaration publique après le vol «spécial» Korhogo-La Haye… S'il n'y a que des proches de Gbagbo devant la CPI, cela apparaîtra comme une «justice des vainqueurs internationaux!».

Slate Afrique - Des Africains accusent la CPI de partialité? Ont-ils raison?

A.G. - La CPI ne fait que refléter les rapports de force internationaux. Si l'Afrique est redevenue un enjeu économique et stratégique, en particulier pour ses matières premières, elle pèse peu au niveau diplomatique. Les deux grandes puissances du continent (l'Afrique du Sud et le Nigeria) vont de plus en plus s'entredéchirer pour «gagner» le futur fauteuil africain au Conseil de sécurité des Nations unies. Contrairement à l'Afrique du Sud, qui était hostile à l'intervention de la France en Côte d'Ivoire et en Libye (même sous mandat des Nations unies), le Nigéria y était vivement favorable… Ceci dit, le silence de l'ensemble des dirigeants africains sur le transfèrement de Gbagbo à la CPI est assourdissant. Il contraste avec la vive «autosatisfaction» des Occidentaux.

Slate Afrique - Pourquoi la CPI ne juge-t-elle que des Africains?

A.G. - Tant que l'impunité sera la règle dans la majorité des pays africains, les belles âmes extérieures au continent auront beau jeu de venir y défendre l'universalité des droits de l'homme.

SlateAfrique - La nomination d’une Gambienne comme procureur de la CPI peut-elle changer le comportement de la CPI? Ou son image?

A.G. - La désignation, désormais acquise, de la Gambienne Fatou Bensouda, comme procureur de la CPI pour succéder à Luis Moreno Ocampo est, à l'évidence, un symbole fort. Mais reste un symbole… Le vrai changement viendra d'un investissement massif des Etats africains dans le fonctionnement de leur justice. Il faudrait déjà réparer les photocopieuses en panne dans les tribunaux!

Slate Afrique - Le procès de Laurent Gbagbo peut-il entraîner une hausse des sentiments anti-occidentaux en Côte d’Ivoire et ailleurs en Afrique?

A.G. - Au-delà des nombreuses familles des victimes du régime Gbagbo, il est certain qu'il y a un sentiment diffus dans la société civile africaine que les «Blancs» n'en font encore qu'à leur guise sur le continent. De ce fait, la plupart des autocrates africains exacerbent ce «nationalisme» africain pour se maintenir au pouvoir. «On est chez nous» est leur leitmotiv.

Slate Afrique - Assiste-t-on à la montée d’un nationalisme africain?

A.G. - Oui. A ce «nationalisme» africain sur le continent répond un «nationalisme noir» dans l'immigration en Europe. Il est embryonnaire mais se politise actuellement.

Propos recueillis par Pierre Cherruau

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9 réactions
Amusants Ivoiriens
Soumis par Pierrot, le 05/12/2011 à 19h42

Ivoiriens ayons honte de nous-mêmes. Depuis 1999, deux personnes nous ont trahi: Henri Konan Bedié et le Général Mangou. Pour un homme d'Etat, sa vie ne vaut, il doit se sacrifier pour son peuple. Bédié a abandonné le peuple et il es allé faire la bonne vie avec l'argent du contribuable ivoirien en France lors du coup d'Etat de 1999. Le général Mangou a abandonné le peuple ivoirien lors du coup d'Etat d'avril 2011, et il est allé se cacher avec sa famille à l'ambassade d'Afrique du sud.
Le péché de Gbagbo, c'est d'avoir dit non au colon français. Depuis 2002, la france nous a imposé une guerre injuste. Les Ivoiriens ne connaissent pas Alasane Ouattara, il n'est pas Ivoiriens, pour lui il fallait qu'il arrive aux affaires; la CI est un commerce pour lui. Que la CI aille bien ou mal, il n'a rien à perdre ni rien à gagner. Ouattara est un franco-burkinabé. On ne peut pas dire qu'il a trahi la CI, il ne peut pas aimer les Ivoiriens, chacun porte sa patrie dans son coeur, Ouattara porte la sienne, le Burkina. Aujourd'hui la CI est annexée au Burkina Faso. Le Burkina-Faso a participé à la destabilisation de la CI pour placer l'un de ses fils à présidence: quel honneur!
Les blancs ont choisi leurs morts en CI, ceux d'après l'élection de 2010, ceux qui ont été tué systématiquement depuis 2002 le méritait parce qu'il défendaient la CI. Si tu défends la Côte d'Ivoire contre l'envahisseur français, tu mérite la mort, et le TPI n'existe pas pour ton bourreaux. Ivoiriens levons-nous comme un seul homme pour défendre notre honneur.

un "nationalisme" fièvreux de circonstance
Soumis par MAHOMED, le 06/12/2011 à 10h33

Au moment de nous débarrasser de nos dictateurs on ne se gêne pas pour invoquer la CPI et l´intervention des "blancs"; curieusemente on trouve à redire quand il s´agit de les juger devant une cour internationale! Il faut savoir ce qu´on veut en Afrique. Depuis quand a-t-on jugé, sur le sol africain, un ex-président africain qui a commis les pires atrocités? Quant au "nationalisme" africain, il est est puremente circonstancielles, et revient comme une poussée de fièvre à la faveur d´évenements comme ceux de la CI. Mais bientôt cet état fiévreux aura vite fait de baisser.

Humain a répondu le 08/12/2011 à 11h26

Monsieur Mohamed,

Je pense que c'est plutôt votre lecture de l'histoire africaine qui est circonstancielle. Je m'accorde avec vous sur un certain nombre de points, comme par exemple l'indignation face la dictature. Seulement, je m'interdis de maquiller de noir la dictature et je retrouve indécent de ne s'en prendre qu'à la seule dictature noire. Si vous suivez mon regard, Bush et Powell n'ont pas vraiment été moins dictateurs qu'Hitler, n'ayons pas une mémoire sélective de l'histoire.

Je vous inscris à faux sur votre affirmation du, je cite, "Depuis quand a-t-on jugé, sur le sol africain, un ex-président africain qui a commis les pires atrocités?" --> Le cas Bokassa est assez bien connu. Peut être que vous n'étiez pas encore né, ce qui n'excuse pas que vous affirmiez votre ignorance et que vous la preniez pour vérité démontrée!

Pour finir, force est d'accepter, au moins en partie, que toute la vie n'est que circonstance. Mettre l'indignation de l'africain vis à vis d'une injustice flagrante de la justice à deux vitesses sur un pied d'égalité qu'un nationalisme circonstanciel est, pour moi, un manque de respect à soi d'abord et à l'humanité dans ce qu'elle a encore de vertueux.

le procès Gbagbo, ou qd résister devient un crime contre l'Human
Soumis par tmintena2010, le 06/12/2011 à 15h36

J'ai lu des charges effarantes contre Gbagbo ou ses proches du genre: refus des résultats électoraux, résistance à l'occupation des forces de l'OTAN,réquisition des baques pour payer les fonctionnaires et continuer à faire tourner le pays.
"Il serait reproché à ces deux derniers d'avoir continué à résister,.."
MDR!
La CPI est une farce mise en place par les Occidentaux pour perpétuer leur asservissement de l'Afrique! Après les exactions commises en Côte d'Ivoire et en Libye, la place de Sarkozy se trouve également à la CPI!

ça suffit maintenant !
Soumis par Devinas, le 06/12/2011 à 19h37

Mais que voulons-nous au juste ? Finalement, quand est-ce que les mots finiront-ils à guérir les maux ? Oh Dieu ! Merci d'avoir donné ce sage conseil aux rebelles libyens d'avoir accordé le repos éternel au Guide Libyen, non au Roi Libyen. Car, s'il était encore en vie, on serait entrain d'utiliser les mots pour continuer à frustrer les nombreuses âmes que Khadafi a torturées, martyrisées etc. Dans les circonstances les plus confuses, ADO a épargné la mort à son adversaire GL. Reconnaissons-le, ce n'était pas évident, car un surmené des soldats en mission pouvait tirer sur lui dans cette confusion. Alors, au lieu de le remercier pour cet acte noble, c'est le moment pour nous d'étaler les mots pour montrer que GL pesait aussi 45% dans la balance électorale. Non mes frères africains. Inutile d'accuser les blancs, ceux-là se contredisent, se battent et enfin de compte, le perdant reconnaît sa défaite et la vie continue. En Europe, des pays ont adhéré à l'UE après un référendum à peine gagné à 51%, est-ce pour cela que les 49% qui ont voté contre n'ont pas accepté subir leur défaite et accompagné le pays dans son choix désormais irrévocable ? Ces 45% doivent comprendre qu'ils ont perdu une bataille et doivent se préparer pour 2015. Tant que nous allons continuer à pratiquer la politique du singe qui ne voit rien, ne dit rien et ne veut rien entendre en Afrique, l'Europe viendra toujours nous dicter le chemin à prendre. Où est le mal en allant juger GL à la HAYE ? A la guerre, le premier qui tire et qui tue est le vainqueur et non le bourreau. Si GL avait manqué de tuer ADO en 2002, qu'il accepte aujourd'hui qu'ADO au lieu de le tuer, le juge là où ça l'arrange. Il n'y a aucun mal à cela. Oui, il n'y a pas de mal, car lui GL a décimé la famille de Robert GUEI. Ce dernier serait prêt à rester en vie et passer le reste de sa vie dans les geôles de la HAYE que le sort que GL lui a fait subir, lui et toute sa famille. Non et non ! Tout se passe comme si GL était un Saint. Au lieu que son cas soit doigté pour mettre en garde les autres chefs d’État qui continuent de rêver de confisquer le pouvoir, on veut nous montrer que même arrêter, il a des droits. Oui, eux ils ont le droit de tuer, de violer, d'incendier, pourvu qu'ils soient toujours au pouvoir. Le jour où on les arrête, les artisans des mots viendront les défendre. Ainsi marche l’Afrique !

Dans la même ligne, ADO doit comprendre qu'être Président de la CI n'est pas une fin en soi. Lui aussi n'a pas encore échappé à la HAYE, car même si c'est la France qui l'a installé, il doit comprendre qu'il vaudrait mieux pour lui de servir le peuple et rien que le peuple ivoirien que de servir ses amis. Il vaudra mieux pour lui de laisser le pouvoir en son temps quand la même France le poussera à bout que de s'y accrocher. La roue de la vie tourne et tournera toujours. AFRIQUE, LÈVE-TOI !

On prend les mêmes et on recommence...
Soumis par FedUp, le 06/12/2011 à 19h41

Il est fou de constater que très peu de personnes se rendent compte que Ouattara n'est pas très différent de Gbagbo. Les partisans de Ouattara, aveuglés comme l'étaient (et le sont toujours) ceux de Gbagbo, sont persuadés que celui-ci est un homme de parole, qui va tenir les promesses faites en ce qui concerne l'exercice d'une justice impartiale pour toutes les parties impliquées dans la crise post-électorale. Les actes en disant plus long que les vaines paroles, j'ai du mal à croire en la crédidibilité et en l'intégrité d'un individu qui accepte la nomination de personnes soupçonnées de crimes contre l'humanité. Les intellectuels pro-Ouattara, tout à leur adoration sans bornes de leur héros, ignorants des réalités de la justice internationale, oublient que la CPI ne disposant pas de forces de police, si jamais elle décidait de poursuivre les pro-Ouattara impliqués dans les violences post-électorales, elle ne pourrait juger ces personnes que si le gouvernement ivoirien acceptait de les remettre au procureur. Or, toute personne au courant un tant soit peu des arcanes de la justice internationale de ces dernières années, savent très bien qu'aussi bien au Rwanda qu'en ex-Yougoslavie, nombre chefs de guerre dont l'implication dans des exactions n'était plus à démontrer, ont bénéficié d'une impunité totale, au point même de se voir nommer plus tard ministres ou responsable de missions de casques-bleus dans d'autres pays.
De la même façon que les pro-Gbagbo, quand ils étaient au pouvoir, se fichaient pas mal de savoir que les droits d'une partie importante de la population ivoirienne étaient ignorés et bafoués, les pro-Ouattara, tout aveuglés par le pouvoir, nient le fait que la réconciliation risque d'être un mirage.
Il y a quelques temps, un officiel soudanais ou un ougandais, accusé devant la CPI, s'était rendu de lui-même à la cour, qui après examen des accusations, avait abandonné les poursuites. Pensez-vous que les ex-FN, aujourd'hui dans l'armée, dont les maisons et non les placards débordent de squelettes, auraient le courage et la conscience assez tranquille pour en faire de même?
La justice internationale n'est pas impartiale; ce n'est qu'un énième aspect des relations internationales. La Lybie, la Côte d'Ivoire, Israel, la Syrie, l'Irak, l'Afghanistan et j'en passe, sont autant de situations qui démontrent que le martinet de cette fameuse justice suprême, indépendante et sans tâches, ne s'abat que sur ceux qui n'ont pas les reins assez solides pour lui faire face et faire comme Bush, en promulguant une loi menaçant d'envahir les Pays-Bas si un seul citoyen américain se fait traduire devant la CPI.
Les occidentaux, éternels donneurs de leçons, ne sachant jamais balayer devant leurs portes, s'étonnent de la grogne croissante des non-occidentaux à leur égard, c'est qu'il y en a marre du deux poids- deux mesures. Cette hypocrisie permanente permet à des Gbagbo de jeter de la poudre aux yeux des gens et à des Ouattara de se faire installer/maintenir au pouvoir.
Ouattara, en bon technocrate, pense que la croissance économique est le seul fer de bataille d'un pays en reconstruction, après des années de conflit civil. Il a tort car il doit reconstruire sur plusieurs fronts. Les différents chantiers de construction à Abidjan ne font sourire que les mêmes égocentriques de la classe moyenne ivoirienne, habitués au confort de la vie moderne occidentale, et qui rêvent de leurs petits Paris, Bruxelles ou Montréal sous les tropiques. Mais cette bande d'intellos égoïstes ne sont pas ceux qui se sont fait violer, tuer, torturer, massacrer. Ce ne sont pas ceux dont la souffrance doit être légitimée et compensée par des procès équitables. Ce sont ces personnes qui ont besoin de savoir que TOUTES les parties impliquées paieront à hauteur de leur implication; ce ne sont pas les groupes de "lettrés" qui se lancent dans des débats sans queue, ni tête et sans aucune preuve à part les "on dit", "il paraît" ou "j'ai entendu" sur les réseaux sociaux.

NB: Je n'ai pas parlé de Bédié car il a su se mettre à couvert, en ce qui concerne les violences post-électorales (et le propos de cet article n'est pas l'ivoirité et j'en passe). Cependant, pour ce que ça vaut: Bédié n'est pas mieux que Gbagbo et Ouattara, en matière d'alternance et de nouveaux modes de gouvernance pour la Côte d'Ivoire car qu'est-ce qu'il a vouloir encore être président? Mais ceci est un autre débat.

On prend les mêmes et on recommence...
Soumis par FedUp, le 06/12/2011 à 19h42

Il est fou de constater que très peu de personnes se rendent compte que Ouattara n'est pas très différent de Gbagbo. Les partisans de Ouattara, aveuglés comme l'étaient (et le sont toujours) ceux de Gbagbo, sont persuadés que celui-ci est un homme de parole, qui va tenir les promesses faites en ce qui concerne l'exercice d'une justice impartiale pour toutes les parties impliquées dans la crise post-électorale. Les actes en disant plus long que les vaines paroles, j'ai du mal à croire en la crédidibilité et en l'intégrité d'un individu qui accepte la nomination de personnes soupçonnées de crimes contre l'humanité. Les intellectuels pro-Ouattara, tout à leur adoration sans bornes de leur héros, ignorants des réalités de la justice internationale, oublient que la CPI ne disposant pas de forces de police, si jamais elle décidait de poursuivre les pro-Ouattara impliqués dans les violences post-électorales, elle ne pourrait juger ces personnes que si le gouvernement ivoirien acceptait de les remettre au procureur. Or, toute personne au courant un tant soit peu des arcanes de la justice internationale de ces dernières années, savent très bien qu'aussi bien au Rwanda qu'en ex-Yougoslavie, nombre chefs de guerre dont l'implication dans des exactions n'était plus à démontrer, ont bénéficié d'une impunité totale, au point même de se voir nommer plus tard ministres ou responsable de missions de casques-bleus dans d'autres pays.
De la même façon que les pro-Gbagbo, quand ils étaient au pouvoir, se fichaient pas mal de savoir que les droits d'une partie importante de la population ivoirienne étaient ignorés et bafoués, les pro-Ouattara, tout aveuglés par le pouvoir, nient le fait que la réconciliation risque d'être un mirage.
Il y a quelques temps, un officiel soudanais ou un ougandais, accusé devant la CPI, s'était rendu de lui-même à la cour, qui après examen des accusations, avait abandonné les poursuites. Pensez-vous que les ex-FN, aujourd'hui dans l'armée, dont les maisons et non les placards débordent de squelettes, auraient le courage et la conscience assez tranquille pour en faire de même?
La justice internationale n'est pas impartiale; ce n'est qu'un énième aspect des relations internationales. La Lybie, la Côte d'Ivoire, Israel, la Syrie, l'Irak, l'Afghanistan et j'en passe, sont autant de situations qui démontrent que le martinet de cette fameuse justice suprême, indépendante et sans tâches, ne s'abat que sur ceux qui n'ont pas les reins assez solides pour lui faire face et faire comme Bush, en promulguant une loi menaçant d'envahir les Pays-Bas si un seul citoyen américain se fait traduire devant la CPI.
Les occidentaux, éternels donneurs de leçons, ne sachant jamais balayer devant leurs portes, s'étonnent de la grogne croissante des non-occidentaux à leur égard, c'est qu'il y en a marre du deux poids- deux mesures. Cette hypocrisie permanente permet à des Gbagbo de jeter de la poudre aux yeux des gens et à des Ouattara de se faire installer/maintenir au pouvoir.
Ouattara, en bon technocrate, pense que la croissance économique est le seul fer de bataille d'un pays en reconstruction, après des années de conflit civil. Il a tort car il doit reconstruire sur plusieurs fronts. Les différents chantiers de construction à Abidjan ne font sourire que les mêmes égocentriques de la classe moyenne ivoirienne, habitués au confort de la vie moderne occidentale, et qui rêvent de leurs petits Paris, Bruxelles ou Montréal sous les tropiques. Mais cette bande d'intellos égoïstes ne sont pas ceux qui se sont fait violer, tuer, torturer, massacrer. Ce ne sont pas ceux dont la souffrance doit être légitimée et compensée par des procès équitables. Ce sont ces personnes qui ont besoin de savoir que TOUTES les parties impliquées paieront à hauteur de leur implication; ce ne sont pas les groupes de "lettrés" qui se lancent dans des débats sans queue, ni tête et sans aucune preuve à part les "on dit", "il paraît" ou "j'ai entendu" sur les réseaux sociaux.

NB: Je n'ai pas parlé de Bédié car il a su se mettre à couvert, en ce qui concerne les violences post-électorales (et le propos de cet article n'est pas l'ivoirité et j'en passe). Cependant, pour ce que ça vaut: Bédié n'est pas mieux que Gbagbo et Ouattara, en matière d'alternance et de nouveaux modes de gouvernance pour la Côte d'Ivoire car qu'est-ce qu'il a vouloir encore être président? Mais ceci est un autre débat.

GBAGBO à la HAYE ? Chance pour la CI ou malédiction ?
Soumis par Devinas, le 07/12/2011 à 19h19

Voyons un peu de plus près !

Tout le monde entier a eu l'opportunité de visualiser ou de regarder sur une chaîne de télévision nationale ou internationale, l'intégralité de la 1er séance de comparution de GBAGBO à la HAYE. D'ailleurs, le mis en cause lui même est satisfait de ces nouvelles conditions de détention et nous avons tous suivi comment ces droits seront garantis. Or, si cette audience préliminaire avait eu lieu en CI, je doute fort de la sérénité avec laquelle les choses se sont déroulées et de la suite des événements. Ce qui montre déjà qu'en envoyant GBAGBO à la HAYE, c'est une chance qui est donnée à la CI de connaître la vérité !

De la culpabilité ou non de GBAGBO !

Personnellement, j'aimerais qu'on mette la balle à terre. Je suppose que GBAGBO a été une victime de la rébellion de 2002 à 2010. Mais il y a eu un moment où tous les partis se sont entendus pour faire table rase du passé et repartir sur de nouvelles bases. C'est d'ailleurs ce que les deux challengers ont eu à nous montrer lors du débat contradictoire sur la RTI. Et surtout, les deux candidats avaient pris l'engagement solennel d'accepter les résultats des urnes quelle qu'en soit l'issue. GBAGBO même avait dit qu'il était prêt à retourner dans son village natal pour gérer sa ferme ! Bon engagement dira-t-on ! Mais qu'avons nous constaté quelques heures après cette belle rencontre ? C'est le président lui même qui a commencé par faire peur à son propre peuple en prévoyant déjà qu'il y aura couvre feu dès la fermeture des bureaux de vote alors qu'au premier tour, rien de tout ceci ne s'y est passé. On voit clairement qu'il s'est écarté de la position de légitime défense en position d'attaque, car les jours et mois qui ont suivi, ont montré comment GBAGBO a nargué toute la communauté internationale. Les négociations sont parties jusqu'à ce que l'UA lui a proposé une porte de sortie honorable. Malgré tout cela, GBAGBO a préféré s'enfermer dans sa logique de confiscation du pouvoir en voulant changer les règles du jeu au cours du jeu.

Mais à présent, faut-il que la CPI juge par rapport aux événements post-électoraux ou partir de 2002 ?

C'est bien clair et si on est de bonne foi et on connaît déjà la réponse.

En effet, si GBAGBO tout puissant n'avait pas réussi à gagner la guerre et envoyer ses assaillants à la CPI entre 2002 et 2010, il ne peut que se prendre à lui même. Il le sait bien, une guerre se gagne ou se perd. Évidemment à la guerre, ce ne sont pas des animaux qu'on tue sinon on parlera simplement d'une partie de chasse. A la guerre, ce sont des humains qu'on tue ! Voilà ce qu'il faut condamner et il n'y a pas de guerre propre. La guerre c'est la guerre et à l'issue d'une guerre, c'est toujours le vainqueur qui impose sa loi. Et celle loi est bien conforme à ce que la nature elle même à imposer à l'homme. Si les animaux connaissent cette loi et la respectent, pourquoi l'homme veut toujours tricher vis-à-vis de lui même en créant des cours par ci et par là pour finalement montrer que tout le monde est blanc comme neige. Que diront les parents de ces nombreuses victimes innocentes ? Que ça soit ADO ou GBAGBO qui a gagné la guerre, ces pauvres victimes le sont pour toujours et aucune minute de silence ne peut les ramener sur cette terre. Ne perdons jamais de vue ces aspects des choses.

Les premières déclarations de GBAGBO sont rassurantes. On note toute sa disponibilité à apporter des réponses concises aux préoccupations du juge. A l'issu de ce procès, qu'il soit condamné ou blanchi n'est pas le plus important. Mais le plus important serait de noter ce qui l'a amené à la HAYE et de dire PLUS JAMAIS ça en CI et nulle part en Afique.

C'est l'avis d'un observateur ouest africain non ivoirien.

LA CPI MAGOUILLE AVEC DES AVOCATS VÉREUX AU SERVICE DE WATTRA...
Soumis par CRI DU COEUR, le 10/12/2011 à 18h18

JE SUIS OUTRÉ DE SAVOIR QUE LA CPI, A SERVI D'INSTRUMENT AUX AMIS AVCATS VÉREUX DE WATTARA ,POUR ENFERMER GBAGBO...ON COMMENCE À COMPRENDRE POURQUOI DEPUIS LE DEBUT DE CETTE CRISE,TOUT LE MONDE "MARCHE SUR LA TÊTE"...OCAMPO, JOUE AVEC LA CRÉDIBILITÉ DE LA CPI.
LA VENUE D'UNE AFRICAINE NE CHANGERA RIEN...JE PENSE MÊME QU'ELLE AURA MOINS DE CONSIDÉRATION PARCE QU'ELLE EST ORIGINAIRE DU MAUVAIS CÔTÉ DE NOTRE MONDE...C'EST ÇA QUI EST LA VÉRITÉ...

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mise à jour 05/12/2011, 9 réactions (réagir)

 
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