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Maroc: la police disperse les rassemblements

Les forces de l'ordre marocaines ont énergiquement dispersé jeudi après-midi des rassemblements à Al-Hoceïma, épicentre d'un mouvement de contestation dans le nord du Maroc, empêchant la tenue d'une manifestation prévue de longue date.

Les partisans du "Hirak", nom donné localement au mouvement protestation qui agite le Rif --région historiquement frondeuse--, avaient maintenu, malgré l'interdiction des autorités, leur appel à une grande marche ce jeudi pour réclamer la libération de leurs compagnons. 

Les sympathisants du mouvement ont commencé à se regrouper peu avant 17H00 dans plusieurs points de la ville, mais les forces de l'ordre, déployées en nombre, sont immédiatement intervenues pour charger les manifestants et disperser tout rassemblement. 

Elles ont utilisé des bombes lacrymogènes, donnant lieu à des face-à-face tendus avec des jets de pierre entre les deux parties. 

"Vive le Rif, vive Zefzafi!", criaient des centaines de manifestants, en référence au leader du mouvement, Nasser Zefzafi, arrêté fin mai. Ils sont parvenus à défiler brièvement dans le quartier de Sidi Abed, avant d'être dispersés par les forces de l'ordre, a constaté un journaliste de l'AFP. 

"Nous sommes dans un pays où il n'y a pas de liberté d'expression. On réclame des hôpitaux, du travail, du transport. Où est le mal?" s'est indigné un sympathisant du mouvement, la trentaine, un drapeau amazigh sur les épaules. 

- 'En état de siège' -

Le président pour Al-Hoceïma de l'Association marocaine des droits de l'Homme (AMDH), Mustapha Allach, a de son côté déploré d'"importantes entraves aux libertés".

"Depuis le début de la contestation, la ville n'a jamais été autant en état de siège", a-t-il indiqué à l'AFP, faisant état de "nombreuses arrestations de manifestants".

La connexion internet a été largement ralentie, par moments interrompue, et le réseau téléphonique perturbé dans toute la ville.

En début d'après-midi, la police avait commencé à quadriller les principales places de la ville, y interdisant tout accès, alors que la quasi-totalité des commerces étaient fermés. 

Des journalistes sur place ont dit à l'AFP avoir été témoins d'une dizaine d'arrestation, dont celle de Hamid El Mahdaoui, patron d'un site d'information local.

Prévue de longue date, cette manifestation annoncée comme la "marche du million" visait à l'origine à dénoncer la marginalisation de la région.

Mais avec l'arrestation en mai de Nasser Zefzafi et de plus de 150 de ses partisans accusés d'"atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat", la principale revendication est devenue leur libération. 

Cette "marche pacifique" visait également à protester "contre la répression" et à "maintenir le combat populaire contre le makhzen (pouvoir)", selon ses organisateurs.

Les autorités marocaines ont interdit lundi cette marche, prévenant que "toutes les mesures nécessaires" avaient été prises pour appliquer cette décision.

Les six partis de la majorité ont appelé dans un communiqué conjoint à ne pas prendre part à la manifestation, afin de "restituer un climat de confiance et d'apaisement". 

- Contrôlées et interrogées -

Depuis mercredi, les personnes arrivant à Al-Hoceïma étaient contrôlées et interrogées par les forces de l'ordre, selon de nombreux témoins sur place.

Depuis la mort fin octobre 2017 d'un vendeur de poisson, broyé accidentellement dans une benne à ordures, la province d'Al-Hoceïma a été le théâtre de nombreuses manifestations pour exiger le développement de cette région que ses habitants jugent marginalisée.

La relance par l'Etat d'un vaste plan d'investissements et de chantiers d'infrastructures n'a pas suffi à désamorcer la colère.

Le mois de mai a été marqué par un durcissement des autorités, avec l'arrestation des figures du mouvement. Selon un dernier bilan officiel, 176 personnes ont été placées en détention préventive. Cent vingt sont actuellement jugées.

Des peines allant jusqu'à 20 mois de prison ont été déjà prononcées en première instance.

Sous la pression, les manifestations ont cessé début juillet et la tension était retombée d'un cran avec le retrait des policiers de lieux publics emblématiques de la ville. 

AFP

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